Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
25 septembre 2011 7 25 /09 /septembre /2011 16:24

 

Une nouvelle de Jkyd Irvayan

 

http://t2.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcR0QD2BtQnB54AitNrbseCa61D3dUvz1_AUx_mjTEPGET7-1kts

L’entité nommée Ourphaïop  va bientôt passer sa dernière série d’épreuves afin d’intégrer le Cercle. Il doit par cet ultime examen prouver à ses futurs compagnons qu’il sera non seulement un élément utile mais aussi majeur, créatif et innovateur.

Il est difficile d’expliquer les motivations du  Cercle d’un point de vue humain. Disons rapidement que ses instigateurs se considèreraient comme les gardiens de la Conscience de l’Univers.
Leur but serait de, soi-disant,  promouvoir celle-ci, ils considèrent en effet l’Univers comme une sorte de grande machine à en fabriquer, qui aurait pour but d’amener chaque créature à une conscience plus grande et plus absolue par le jeu des réincarnations successives et de dettes karmiques – je parle bien évidemment au conditionnel car rien de tout cela n’est vérifiable. De plus, lorsqu’il leur arrive d’être accidentellement perçus ils sont généralement associés à des forces du Mal.

Sur Terre, dit-on, le grand Zarathoustra les aurait vus.http://t3.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcRlemr04lo3EyaWsFmWIL1SPW52mCerJT828iEG03ZdGANY4_KW

L’entité Ourphaïop a choisi de passer son premier test sur le Monde 34, Secteur 35, appelé Ouroutopia par ses habitants.
Il s’agit d’un monde qui ressemble d’assez près à la Terre, peuplé d’humanoïdes se débattant vainement dans une société de consommation où l’exacerbation des désirs inutiles est poussé jusqu’à son plus haut paroxysme.
Les seules petites différences notables avec la Terre - que nous savons chérir comme il se doit - sont que cette société se pérennise déjà depuis voilà quelques dizaines de millénaires de notre temps et qu’il n’existe aucun endroit sur cette planète qui n’ait échappé à son contrôle.
Les individus ont tous les mêmes désirs et partagent une culture identique en tous points. Lorsque que ce n’est pas tout à fait le cas, cela est plutôt généralement imputable à des « publicitaires » qui tentent de créer artificiellement des groupes afin de les faire fonctionner en vase communicants dans le but d’en tirer un plus grand profit.

http://t3.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcT33FvIIneRYf3jnhdr-LHVFlUgwQgI08II8bdbdNzH-cZfJ9ncBgSelon le Cercle, les âmes des habitants de cette planète y sont enchainées, elles se réincarnent de vie en vie pour toujours vivre la même : acheter et acquérir les objets les plus luxueux et prestigieux possibles qui sont censés refléter leur valeur et leur position sociale. Toute leur énergie est mise dans cet unique objectif.
Tout au long de ces vies aucun être n’a un sentiment de révolte par rapport à cette société qui a déjà tout pensé pour eux, aucun n’a l’occasion de vivre une expérience spirituelle, ni la moindre prise de conscience et quand tout au plus il leur arrive d’éprouver un peu de compassion à l’égard des autres c’est d’abord pour eux-mêmes qu’ils craignent.

La mission que s’est vu confié Ourphaïop par le Cercle est de libérer une âme du cycle infernal des réincarnations de cette planète.

Voici l’histoire telle qu’elle m’a été contée sur la façon dont Ourphaïop s’y serait pris. Je dois vous avertir qu’il a une façon de faire qui donne froid dans le dos.

Ourphaïop a donc choisi de se matérialiser sous l’apparence d’un multimilliardaire extrêmement séduisant laissant toutefois, pour les besoins de son rôle sans doute,  transparaitre – ou laissant à penser-  que dans la finesse de ses traits se cache un soupçon de lassitude et d’arrogance comme s’il commençait à être quelque peu désabusé de la vie.
http://t3.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcRooi0_VEa-r5IoQrOXrHwxsc4eYr7rSK_Pu5Ql5ffcvixBkexpMgOurphaïop se présenta à ce qui sembla être une grande chaine de télévision sur cette planète, il paya cher pour passer à une heure de grande audience et faire une annonce simple, déconcertante et solennelle à la fois :

«  Je donne un milliard à toute personne qui comptera à voix haute jusque deux milliards »

Les auditeurs, les journalistes, les spectateurs, tous étaient interloqués. Quel était l’intérêt de compter jusque deux milliards à voix haute ?
Puis passé l’étonnement et la surprise générale, des centaines de personnes se pressèrent devant le siège de la télévision, puis peu de temps après des milliers ; tous voulurent gagner un milliard en comptant jusque deux milliards.

Tout le monde dans les rues n’avait que des chiffres en bouche. Au lieu de dire bonjour on disait trois millions deux cent quatre vingt sept milles, merci devenait cinq cent quatre vingt trois milles deux cent cinquante sept, jamais les chiffres ne furent autant aimés.
Les gens scandaient à l’unisson « Le Milliard … Le Mi-lliaaard… »

Alors on organisa un tirage au sort pour savoir qui aurait la chance de http://t2.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcRsAzaKVkNoQeFfRP1gkqsxUVVJKccKFASRPKNv41vB7HbFPh4RtQpasser cette épreuve. Nous appellerons le gagnant de cette funeste loterie Monsieur A.
Des milliers de personnes devinrent hystériques de ne pas avoir été choisies, quelle chance avait Monsieur A, il était quasi déjà millionnaire.

Monsieur A était une personne des plus banales, père de famille divorcé, la bedaine prononcée, trois enfants et des fins de mois difficiles. Monsieur A vivait mal sa situation car ne gagnant pas correctement sa vie il ne pouvait acheter les objets qui lui permettraient de briller auprès des femmes, de continuer à faire acte de procréation et de payer des études à ses enfants qui le méprisaient.

Il fut établi que Monsieur A devrait compter à voix haute jusque deux milliards, et que tant que cela ne serait fait il ne pourrait sortir de sa cellule.
Ourphaïop tint à ce que Monsieur A ait à sa disposition un panel d’armes, qu’il pourrait utiliser pour mettre fin à ses jours s’il trouvait l’expérience trop insupportable.


Tout le monde rit de cette précaution, en effet pourquoi mettre fin à ses jours quand on est sur le point de gagner un milliard.

http://t2.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcSQVZpq_TjrGpkRhpmZKGUSZOY72VQNx1xBJhKyH6drWiM4TVnYMonsieur A était impatient de commencer, lorsqu’il entra dans sa cellule, il découvrit une salle rudimentaire de forme carrée sans fenêtre, une table deux chaises et l’armoire exposant les armes en vitrine sur le côté, il tiqua en voyant le lit et des toilettes au fond de la pièce, quelque part peut être  prit-il vaguement conscience qu’il pourrait se passer quelques jours avant qu’il ne sorte de là.
Deux gardes armés surveillaient l’entrée de l’extérieur, sur l’une des deux chaises était assis une personne corpulente, Monsieur A crut déceler une joie malveillante dans ses yeux et pour une raison qu’il n’aurait su expliquer cette personne lui rappelait de manière obscure le multimilliardaire qui avait lancé ce challenge grotesque.

« Bonjour Monsieur A !»s’exclama-t-il.
« Je suis votre aide-compteur, c’est-à-dire que je suis là pour vérifier que vous énumérez  correctement les chiffres jusqu’à deux milliards mais voyez-moi plutôt comme votre ami car après tout je suis là pour vous faire gagner un milliard » dit-il en laissant éclater un petit rire tout à la fois porcin et cristallin.
Puis en prenant une inspiration de constipé il avoua qu’en fait ils seraient plusieurs aides-compteurs à se relayer.
« Nous commençons quand vous voulez Monsieur A ! » sembla-t-il hurler deforme.jpgavec ce qui semblait un sourire large jusqu’aux oreilles, jamais Monsieur A n’avait vu de sourire semblable  auparavant, mais quelque part au fond de lui-même il savait que ce sourire n’en était pas un.
Monsieur A, malgré ces petites appréhensions presque complètement inconscientes déclara qu’il était prêt et pressé de repartir avec son million euh pardon son milliard.
L’aide-compteur releva l’heure et dit d’une voix presque suave:
« Désirez-vous une tasse de café avant de commencer ? Non ? Alors, Permettez-moi de faire un peu d’humour Monsieur A, je compte jusqu’à trois et vous commencez ! »
Lorsque l’aide-compteur finit le compte à rebours, Monsieur A se tenait face à lui, campé sur sa chaise, assis bien droit.
Il commença à énumérer les chiffres : « Un … Deux…. Trois…… ….Dix…. Quinze… »
Puis soudain l’aide-compteur vociféra : «  AAAR-TIII-CU-LEZ !!!! Monsieur A AAAAARRR-TIIIIII-CUUUUU-LEEEEEZ  MEUEUEUEU-SIEUR A !!! » Le visage de l’aide-compteur semblait irradier d’une joie malsaine, ses joues devenaient rouges non pas sous l’effet de la vocifération comme on aurait pu le penser mais plutôt sous l’effet d’un plaisir inavoué.
Puis il se radoucit :  « Comprenez-moi Monsieur A, ma tâche est de vérifier que vous comptez bien jusque deux milliards, comment voulez-vous que je vous entende si vous n’articulez pas.
Reprenons ! Nous en étions où ? Ah oui à Mille Deux Cent Quatre Vingt Un !!! »
pendule.jpgMonsieur A sentit un début de panique l’envahir, compter jusque là lui avait déjà paru une éternité, combien de temps cela faisait-il déjà ? Dix minutes ? Il eut envie de faire un calcul pour voir combien de temps cela lui avait pris et combien de temps cela lui prendrait jusque deux milliards ? Peut-être que ça allait durer une bonne semaine en fin de compte ou un mois tout au plus mais ça allait être certainement plus éprouvant qu’il ne le pensait auparavant. Il ne savait plus trop lui qui était encore si confiant il y a quelques minutes.
Déjà il commençait à avoir mal à la mâchoire, puis il lui semblait qu’au fur et à mesure qu’il récitait les chiffres ceux-ci perdaient de leur consistance.
Il reprit : « Mille Deux Cents Quatre Vingt Un…. Mille Deux Cents Quatre Vingt Deux…Mille Deux Cents Quatre Vingt Trois… Mille Deux Cents Quatre Vingt Quatre…. …. … ….  Mille Sept Cent Vingt Sept… …. »
Cela paraissait long, il lui fallait de plus en plus de concentration pour ne pas s’emmêler dans les chiffres et autre fait plus inquiétant cela lui prenait plus de temps pour les sortir.
Vers les Deux  Mille Cents il eut une idée :
« Deux Mille Cents Sept…. Deux Mille Cents Huit … Deux Mille Cents Neuf … Deux Mille Cent Vingt »
-    FAAAAUUUUUUX tonitrua l’aide-compteur
-    Quoi qu’ai ce que j’ai dit ?
-    Vous êtes passé de Deux Mille Cents Neuf … Deux Mille Cent Vingt
-    Et qui vous dit que ce ne serait pas plutôt vous qui auriez mal entendu ?
A ce moment là il sortit un petit boitier de son veston, un magnétophone, il rembobina une demi-seconde et apporta la preuve que Monsieur A s’était bien trompé.
Las Monsieur A reprit le compte, la mâchoire lui faisait mal, une douleur sourde commençait à poindre au niveau des tempes, son esprit s’embrumait, il fallait de plus en plus d’efforts pour ne pas perdre le fil.
Vers les Quinze Mille, il avait semblé à Monsieur A qu’un siècle s’était écoulé, le sommeil le gagnait, il s’était trompé à de multiples reprises et à chaque fois l’aide-compteur avait hurlé pour lui faire remarquer qu’il s’était trompé.
Ce qui paraissait incroyable à Monsieur A c’est que l’aide-compteur n’avait jamais eu l’air de se départir de sa concentration, toujours à l’affut de la moindre erreur de sa part.
Voyant le sommeil le gagner l’aide demanda à Monsieur A s’il voulait se coucher, ce qu’il refusa, on était qu’à Quinze Mille il restait encore quasiment Deux Milliards à compter à peu de choses près.
A Quinze Mille près.
« Désirez-vous que je vous gifle dès que je vois que vous commencez à somnoler et à vous tromper, cela pourrait vous aider
-    Ma foi oui, cela pourrait m’aider, je vous remercie
-    De rien, n’oubliez pas! je suis votre ami, je suis là pour vous faire gagner un milliard » sermonna-t-il en lui faisant un clin d’œil puis il éclata à nouveau de ce petit rire à la fois cristallin et porcin que Monsieur A lui connaissait déjà.
Ils continuèrent donc, et les gifles se mirent à pleuvoir, à chaque erreur la http://t3.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcSfmCdk9vfyNcnLDIuBd2pJtKkuDprp3aJgvOXY-nOIL9j1SnyshQsanction tombait inéluctablement, les gifles étaient chaque fois plus fortes et Monsieur A le remerciait d’être aussi compatissant envers lui.
Tous les deux avaient les joues rouges, l’un de plaisir, l’autre de douleur.
Puis arrivé vers les Dix Huit Milles Monsieur A n’en pouvait plus et demanda à arrêter pour dormir.
L’aide-compteur se leva, lui souhaita un bon repos, l’avertit qu’un repas lui serait servi à son réveil et que dès qu’il se sentirait prêt il pourrait appuyer sur une sonnette encastrée dans le mur, que Monsieur A n’avait pas remarqué jusque là,  pour le faire venir lui ou un autre aide afin de reprendre le compte.
Monsieur A en s’allongeant ne put s’empêcher de faire un rapide décompte, progresser de Dix Huit Mille par jour était un rythme bien insuffisant pour atteindre les Deux Milliards assez rapidement.
Combien de temps lui faudrait-il à ce train là ? Trois mois ? Six mois ? Un an ? Même un an ou deux ça valait le coup, il y avait quand même un milliard à gagner.
Il se promit d’être plus performant demain.

Lorsqu’il appuya sur la sonnette ce fut un autre aide-compteur qui arriva. Celui-ci expliqua ce que le premier lui avait déjà dit, qu’ils étaient plusieurs à se relayer.
Monsieur A ne put s’empêcher de remarquer comme un air de ressemblance avec l’aide précédent et le multimilliardaire.
Monsieur A reprit donc le compte, le début se passa bien, il avait relativement bien récupéré. Mais hélas la lassitude, la perte de concentration le gagna bien assez vite si bien que l’aide fit comme le précédent en le giflant.
http://t0.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcQw1vFtXeI4mg48Sn0QnMbwLZnwmDnG0lEoDpNL_HYwvCLnFrTRMonsieur A finit par noter les chiffres de temps à autre sur une feuille afin de s’emmêler moins souvent.
Puis arrivé vers les Vingt Huit Mille Monsieur A ne put s’empêcher de faire une pause et demanda à rester seul un moment.
Il se demanda sérieusement combien de temps ça allait lui prendre, par exemple quand il serait à un million. Il essaya de dire Un Million Cent Quatre Vingt Treize Mille Deux Cents Quatre Vingt Dix Huit. Il se rendit facilement compte que cela lui prenait au moins deux secondes si ce n’est au moins trois.
Sachant que dans une heure il y a 3600 secondes ça ne le ferait avancer que de 1000 à 2000 unités ce qui était très faible comparé à Deux Milliards.
S’il arrivait à énumérer tous les chiffres jusque deux milliards en mettant pour chacun d’eux une seconde pour les prononcer il lui faudrait deux milliards de secondes. Il se demanda alors combien de temps pouvait représenter ces Deux Milliards de secondes en heures en jours voire en semaines. Trois semaines, six semaines ?
Voyons voir se dit-il, une journée c’est 24 heures que je multiplie par 3600, ça fait 86 400 secondes
Donc deux milliards de secondes ça représente 2 000 000 000 / 86400 soit environ 23 000 jours
Oulah se dit-il avec une légère appréhension, ça fait long 23 000 jours, combien d’années ça représente ?
23 000/ 365 = ?

Et là ce fut le choc.

63 ANS !!!

Il resta un moment pétrifié. Puis les pensées s’entrechoquèrent.

Cela signifiait qu’il fallait qu’il passe 63 ans de sa vie à énumérer des chiffres pour gagner ce foutu milliard.

63 ans en tenant compte du fait qu’il ne dorme pas, ne mange pas, ne défèque pas, ne prenne pas de pause.

Sachant que la durée de vie moyenne sur Ouroutopia était d’environ 75 ans, vieux-copie-1.jpgune vie ouroutopienne suffisait à peine.

Sur Ouroutopia ils étaient 16 milliards, il y avait plus d’Ouroutopiens que lui ne vivrait de secondes.

Dans une vie on a pas le temps de compter jusque 2 milliards.

La vie est un trip qui dure à peine 2 milliards de secondes.

Puis ce fut l’aide-compteur de la veille qui rentra dans la pièce.
« Vous allez bien Monsieur A ? Vous avez l’air comme pétrifié ?
-    Je veux sortir » rugit-il
-    « Laissez-moi sortir
-    Voyons vous savez bien que cela est impossible, il vous faut compter jusque Deux Milliards et après à vous le Milliard » dit-il dans un sourire qui n’en était pas un.
-    « Vous savez pertinemment que je ne vivrai pas assez longtemps pour arriver jusque Deux Milliards
-    Et ce n’est que maintenant que vous vous en rendez compte ? Que croyiez-vous ? Que vous étiez éternel ? Vous avez plusieurs alternatives qui s’offrent à vous. Vous comptez jusque Deux Milliards et si vous êtes encore vivant vous pourrez vous offrir une cure de rajeunissement avec le milliard que vous emporterez ce qui vous fera gagner tout au plus quelques maigres années de vie, vous pouvez décider de ne rien faire et d’attendre votre mort en méditant entre ces quatre murs, ou vous pouvez vous servir de ce qu’il y a dans l’armoire. »
Monsieur A se précipita vers l’armoire, pris la première arme à feu qui lui tomba sous la main et la pointa en direction de l’aide compteur
- « On arrête ce jeu stupide, vous me laissez sortir maintenant »
Alors l’aide compteur changea d’apparence, et prit celle de l’autre aide, puis de cette apparence il passa à celle du multimilliardaire, Monsieur A compris pourquoi à chaque fois il leur trouvait un air de famille assez obscur.
-    « Voyons c’est parfaitement inutile Monsieur A, pensez-vous que cette arme puisse être d’une quelconque utilité par rapport à ce que je suis. Si j’y avais été vulnérable croyez-moi que je ne vous les aurai pas laissées »

Il laissa alors Monsieur A seul.
Monsieur A resta un long moment debout sans rien faire.
Monsieur A s’assit.
Monsieur A appuya sur la détente.

Ourphaïop se tenait devant les membres de l’assemblée du Cercle.
Ourphaïop expliqua qu’il avait mené à bien sa mission. Que Monsieur A  était libéré car en se suicidant n’avait pas commis un acte qui avait été pensé et programmé par sa société. Que pour la première fois de sa vie il avait eu une prise de conscience et qu’il avait réalisé un choix personnel. Que cet enseignement était sans prix.
http://t2.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcQFspKMopSy6DICZr-o8DENM-NClGXhbBJXFC11Ligof9bmaAVr9wQue bien entendu il déplorait ce type de méthode, mais par la réalisation même de cet acte il devrait s’incarner non plus sur Ouroutopia mais sur un autre monde certes plus terrible mais qu’au moins son évolution n’était plus compromise.

 

 

 

Les membres du Cercle restèrent de marbre. Puis l’un d’entre eux pris la parole.
« Nous ne jugerons vos actes qu’une fois l’ensemble de vos épreuves réalisées.
Votre deuxième mission est maintenant de libérer Ouroutopia. »

 

 

Partager cet article

Repost 0

commentaires

Les Contes De Wolfram

  • : Contes de Wolfram
  • Contes de Wolfram
  • : Contes et récits
  • Contact

Auteur

  • Wolfram
  • Rêveur, conteur, fou à lier
  • Rêveur, conteur, fou à lier

Recherche

Illustrations

Tags/catégories

Liens