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13 mai 2012 7 13 /05 /mai /2012 18:23

 

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L’autre jour, je me suis perdu, j’étais stoned, et j’avais oublié de surveiller l’itinéraire, alors je me suis retrouvé dans un endroit démentiel. À première vue, c’était un village normal avec une rue principale, une mairie, une église et deux ou trois commerces. Mais c’est en pénétrant dedans que je me suis aperçu de quelque chose pas ordinaire.
D’abord, la hauteur des maisons, la plupart étaient de plain-pied, les autres n’avaient pas plus d’un étage. Je me suis garé devant un bar-tabac qui faisait aussi épicerie et je suis entré dedans. Déjà, la porte me semblait haute, au moins 50 cm de plus qu’une porte de bistrot ordinaire, en plus, la poignée était située à une dizaine de centimètres plus haut que ma tête.

J’avais l’impression d’être redevenu un enfant, surtout une fois à l’intérieur ; les tables, les chaises, le comptoir, tout était plus grand que la normale. Derrière le bar, une vieille dame, et accoudé dessus, un client en train de siroter un canon de vin rouge. Une scène bien ordinaire dans un cadre bien ordinaire, si tout n’y avait pas été disproportionné.
Je m’approchai doucement, et remarquai le patron assis à une table en train de lire le journal. « Bonjour messieurs-dames. » Dis-je à l’assistance.
« Bonjour. » Me répondit-on sans me regarder.
Le comptoir arrivait à la hauteur du sommet de ma tête, je devais me mettre sur la pointe des pieds pour voir au dessus. La serveuse, une bonne femme de 50 ans, me regarda de haut, elle devait mesurer dans les deux mètres « Qu’est-ce que je vous sers ? » me demanda-t-elle.
« Un café, s’il vous plait. » Répondis je en allant m’installer à une table. J’eu un peu de mal à déplacer la chaise et à monter dessus tellement elle était grande, et la table arrivait à hauteur de mon menton. J’avais quasiment la sensation d’être revenu en enfance.

Je pensais que l’on s’apprêtait à tourner un film dans le coin et que ces meubles disproportionnés faisaient partie du décor. Mais en voyant entrer d’autres clients, je compris bien vite que l’on ne tournait pas de film, qu’il n’y avait pas de décors, et que ces gens dont le plus petit mesurait un mètre quatre vingt dix, n’étaient pas des figurants.


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J’escaladai la chaise pour m’installer à table, je posai mes coudes dessus et commandai un café. La serveuse m’amena une tasse proportionnelle  au décors, je dus la tenir à deux mains pour y boire. Je regardai autour de moi, intrigué, mais personne ne semblait faire attention à moi. J’étais pourtant décidé à demander des explications à quelqu’un sur ce curieux endroit.
L’occasion se présenta d’elle-même quand le client qui lisait le journal se leva de sa table et vint s’asseoir à la mienne. « Bonjour, me dit il, je suis le maire de ce village, et j’imagine que vous avez des questions à nous poser. » Comme les autres personnes présentes dans ce bar, le maire était d’une taille exceptionnelle, il devait mesurer plus de deux mètres.
Je n’eus pas à le questionner, car il se mit à m’expliquer : « À l’origine, ce village était abandonné, moi et les membres de mon association l’avons racheté pour un euro symbolique, et nous nous y sommes établis pour vivre une vie normale. »
« Une vie normale ? Remarquai-je, qu’appelez vous une vie normale ? »
« Vous voyez bien que nous sommes grands, trop grands pour vivre dans votre société prévue pour des individus de 1m 75 de moyenne. Tout est à la portée des gens de taille moyenne, ils peuvent accéder à un bouton de porte, donner un bisou à un bébé ou ramasser un crayon sans que çà devienne une équipée d’alpiniste. Vous rendez vous compte des inconvénients que nous subissons dans votre monde ? On ne peut pas s’habiller, on est obligé de commander nos vêtements sur des sites spécialisés dans les grandes tailles, on ne peut pas monter dans n’importe quelle voiture, l’accès des transports en commun comme les bus, les tramways, le métro, les trains ou les avions nous est quasiment interdit par les faits. Croyez moi, vous rêvez sans doute d’être plus grand que vous n’êtes, sachez que vous avez une chance inouïe d’avoir une taille normale ! »

 

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Je ne savais que répondre, je n’avais jamais réalisé à quel point une taille au dessus de la moyenne peut être handicapant, pendant que je me faisais ces réflexions, le maire continua : « Nous sommes plusieurs familles à nous être réunis, d’abord en association dans un local en ville, puis ici, dans ce village abandonné que nous avons rénové à notre mesure ; vous voyez que nous avons rehaussé les entrées et les plafonds, et en mobilisant nos revenus financiers en communs, nous avons pu créer nos propres commerces, nos propres services municipaux, notre propre organisation dans notre travail, certains travaillent à l’extérieur la journée, mais quand ils rentrent ici, ils se sentent chez eux, c’est comme s’ils revenaient dans leur propre monde. »
« Il s’agit donc d’un village réservé aux géants ? » Demandai-je.
« Exactement, répondit le maire, ici tout est adapté à des gens de grande taille, ici, nous nous sentons vraiment chez nous. Certaines personnes de taille moyenne nous ont rejoins, il s’agit des conjoints des personnes de grande taille dont il n’est pas question de les séparer. Seulement, ici les choses sont inverses ; dans votre monde de personnes de taille moyenne, nous sommes une singularité, ici ce sont les personnes de taille moyenne qui sont une singularité. »
« Vous comptez vivre entre vous indéfiniment ? »
« Cela se fera automatiquement ; les personnes de grande taille et celles qui y naitront, et qui seront sans doute encore plus grandes que leurs parents, ne se sentiront chez elles qu’ici, et c’est ici qu’elles termineront leurs jours, parmi les leurs, leurs semblables. »
« Gageons que si des archéologues font des fouilles dans ce coin dans un millier d’années, remarquai-je, il croira qu’une race de géants à vécu ici. »
« Et ce sera le cas. »
Je regardai autour de moi, je bus mon café et sortis un billet de 5 €, la serveuse me rendit des pièces de tailles normales, je m’attendais presque à de la monnaie géante.
Ensuite, je saluai mon hôte et je sortis. Je remontai dans ma voiture et tâchai de m’imaginer la scène à mille ans de là : un groupe d’archéologues découvre des ossements humains géants , dans le reste de la région, on ne trouve que des ossements d’hommes de taille normale. Que s’est il passé ? Sans doute un peuple venu du nord ayant émigré jusqu’ici ? Ou encore une race extraterrestre … nous ne saurons jamais, seuls les morts savent, mais ils ne peuvent plus parler.

 

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Published by Wolfram - dans Fantastique
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