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16 avril 2011 6 16 /04 /avril /2011 12:47

http://t2.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcTocbNGPDLAZ-nZMvRBw7BxEcFT3c8W5OrwXzUc4eHPgrHh7qcMCALes Rékabites, le groupe d’Eric Spark et le groupe d’amis de Grégoire Ménuin étaient d’accord sur une chose : les extra-terrestres qui s’étaient installés sur terre n’étaient pas ceux annoncés par Isar, ou Morillon, suivant la façon dont on voulait l’appeler et celle dont on le considérait.
Pour le groupe de Spark, ces extra-terrestres étaient bien des extra-terrestres, mais ce n’étaient pas les bons, c’étaient des imposteurs qui se faisaient passer pour les extra-terrestres annoncés par leur Saint Prophète. D’après eux, ces derniers n’allaient pas tarder à venir à la rescousse.
Pour le groupe de Ménuin, c’était à peu près pareil ; les extra-terrestres actuels étaient des imposteurs, mais on pouvait attendre encore longtemps ceux qu’Isar avait annoncés, car ils n’existaient pas.
Le reste du monde croyait que les extra-terrestres venus à la suite d’Ochonios et Pandital étaient bien ceux annoncés par Isar, mais les interventions des Rékabites avaient commencé à semer le doute, et les polémiques qu’il entraina devinrent embarrassantes pour les seigneurs de Galita. En vertu de la « Liberté totale d’expression » édictée à leur arrivée, ils ne purent empêcher les débats d’avoir lieu dans les médias et sur la voie publique.
Ainsi, les Rékabites ne se cachaient pas. Pas vraiment, il savaient que pour l’instant, les imposteurs extra-terrestres étaient liés par la sainte loi de « Démocratie Sélective » prêchée par le Prophète Isar. Les membres du groupe de Ménuin étaient plus circonspects, ils se montraient plus discrets. Les Rékabites étaient moins dangereux pour Ochonios et Pandital avec leur moitié de vérité qu’eux-mêmes avec leur vérité complète.
Il fallait s’attendre à ce qu’un jour ou l’autre les seigneurs de Galita trouvent un prétexte pour abolir la liberté d’expression et la démocratie, sélective ou pas.
D’ailleurs, le concept de démocratie était complètement étranger à la culture de Galita, et à l’ensemble de la civilisation interplanétaire dont elle était issue. Dans cet empire, les planètes étaient partagées entre des familles nobles, un peu, comme je l’ai dit plus haut, comme dans « Dune » de Frank Herbert. Il n’y avait pas de libertés individuelles, hormis pour les aristocrates qui avaient tous les droits.
Pour Ochonios et Pandital, cela semblait étrange d’accorder une telle liberté à un peuple dont-ils avaient le contrôle. Çà les gênait un peu de voir des roturiers, des milliards de roturiers partager leurs privilèges. Ils s’étaient promis de mettre fin à cet état de choses en douceur.
Malheureusement, la douceur ne fut pas de rigueur quand Ochonios fut http://t2.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcS_HMsu3qAWLKnD7o3QcQhGI3z9kYIiivQlcMZwLEdM0R8jC15D9gvictime d’un accident de chasse ; il était tombé de son cheval au galop, son pied s’était pris dans une courroie et il avait été trainé sur plusieurs mètres dans un chemin rocailleux. Le jeune prince était grièvement blessé, il était dans le coma et dut être placé dans un caisson de stase, où son corps flottait dans un liquide physiologique pendant que des nanobots réparaient les organes et les membres abîmés.
Ochonios allait guérir, il n’y avait aucun doute là-dessus, la médecine des extra-terrestres était quasiment magique au regard de la médecine terrestre la plus sophistiquée d’avant leur arrivée. Elle pouvait absolument tout guérir, tout soigner. La seule chose qu’elle n’arrivait pas à faire, c’était de ressusciter les morts. Çà, il ne fallait pas trop que çà se sache, car selon les prédictions d’Isar, les extra-terrestres étaient justement sensés savoir le faire.
Il ne faisait aucun doute que le prince se rétablirait tôt ou tard, mais une enquête sur les circonstances de l’accident révéla un sabotage ; des pointes de fer avaient été placées sous la selle, ce qui avait excité le cheval, de plus, les sangles avaient été cisaillées.
On n’a jamais su qui étaient les auteurs de cet attentat, personne ne l’a jamais revendiqué. Étaient-ce  les Rékabites, le groupe de Ménuin, un acte individuel ou, ce qui paraissait assez vraisemblable, une mise en scène de Pandital pour neutraliser son frère ?
Suite à cet attentat, un couvre-feu fut instauré sur toute la surface du globe. C’en était fini de la liberté. Morillon fut assigné à résidence, officiellement pour assurer sa sécurité, quant à Ménuin et ses amis, ainsi que Spark et les Rékabites, ils furent contraints à un rigoureux contrôle judiciaire, où ils devaient se présenter trois fois par jour au commissariat le plus proche.
La vie était devenue dure pour Ménuin, les journaux, les chaines de télévision, les stations de radio et les sites internet pour lesquels il travaillait d’habitude lui avaient poliment fait comprendre qu’ils se passeraient de ses services. Heureusement, le système avait évolué vers une société sans argent dont avaient rêvé Marx et Proudhon, selon le modèle préconisé par Isar, et que s’étaient ingéniés à appliquer les seigneurs de Galita. Cela ne les dérangeait pas de nourrir correctement le peuple et de lui permettre de vivre dans le confort.
iwant2believe2Ménuin put garder sa luxueuse villa au Touquet et ne rien changer à son train de vie, mais il était, ainsi que ses amis et les Rékabites, enfermé dans une cage dorée. D’ailleurs, ce sentiment était de plus en plus partagé sur la planète, surtout depuis l’instauration du couvre-feu, qui se prolongea des semaines durant.
Les médias étaient sévèrement bridés, et les informations circulaient difficilement. Sur les murs, des graffitis apparaissaient : « E.T dehors ! », « Aliens Go Home ! » ou encore « I don’t want to believe ».

Un jour, des terroristes firent sauter le caisson de stase d’Ochonios à l’explosif, ce qui réduisit son corps en miettes, mettant un terme définitif à sa vie. Ce fut la catastrophe, une chape de plomb s’abattit sur le monde. Pandital, devenu seul souverain, ne considérait plus du tout cela comme un jeu. Il fit emprisonner Morillon et Ménuin, ainsi que ses amis, Spark et les Rékabites. Certains parvinrent à s’échapper, mais ils ne pouvaient aller loin, il n’existait plus de frontière ni de pays pour leur donner l’asile politique.
Morillon et Ménuin furent jugés sommairement par un tribunal digne de l’Inquisition, et ils furent condamnés à mort pour haute trahison.
http://t1.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcQ6iI7mQ5_3E7lkB5cdRCGE0pTf4b0IdcTTHoCTZ5IbwG61VUTkHA
La ceinture d’astéroïdes, à cinq cent millions de kilomètres de la terre.
Le Galitana était une construction phénoménale, mais sommes toutes assez ordinaire pour la technologie galitienne. C’était le vaisseau-mère d’Ochonios et Pandital, d’une dizaine de kilomètres d‘envergure, il était littéralement sculpté dans un astéroïde évidé, et à l’intérieur on avait placé les moteurs, les salles de contrôle et les différents lieux de vie. C’était un moyen ingénieux pour se protéger des radiations cosmiques, de plus, il était entouré d’un champ magnétique artificiel qui jouait le rôle d’une ceinture de Van Allen miniature, ce qui le protégeait aussi des météorites en les déviant de leur courses si elles s’approchaient trop. Il y en avait quand même qui percutaient le vaisseau, mais la masse de pierre dont il était fait absorbait généralement bien le choc.
À l’intérieur, il y avait un champ de gravité artificiel ainsi qu’un champ d’inertie, qui évitait aux occupants d’être écrabouillés contre les parois lors des vertigineuses accélérations supra-luminiques. À son bord, il y avait cinq mille personnes, essentiellement des soldats, tous au service des deux princes. Tout le monde était sur le pied de guerre depuis l’annonce de l’attentat contre Ochonios, et encore plus depuis sa mort. Ils s’apprêtaient à mettre le Galitana en route vers la terre pour l’occuper militairement, mais ils attendaient le signal de Pandital.
Soudain, un officier signala quelque chose de suspect aux limites de l’héliosphère, on y enregistrait une activité anormale. On ne pouvait pas encore distinguer ce que c’était, mais quoi que ce fut, c’était gigantesque. Un astéroïde, une planète éjectée de son orbite, autre chose ?
L’officier scientifique, un androïde au teint pâle, interpella son commandant : « Monsieur, nous avons un contact visuel. »
« Sur écran ! » Ordonna le commandant, un homme mince, d‘âge mur, le front dégarni avec une couronne de cheveux gris entourant sa nuque.
http://t2.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcRhqVr0rWjiFYW3qpebvuNy3ayOwUksQRQ3RuJ73A-lkAqabRx8TQLes occupants du Galitana eurent le souffle coupé devant le spectacle qui s’offrit à leur vue ; une armada de vaisseaux spatiaux étrangers, chacun de la taille d’une lune, escortés par des millions de soucoupes volantes faisant route vers la ceinture d’astéroïdes. Ils étaient encore au niveau de la ceinture de Kuiper, mais ils progressaient rapidement.
La technologie de ces étrangers semblait bien plus évoluée que la leur. Ils n’arrivaient pas à scanner leurs bâtiments, tandis qu’eux scannaient le Galitana avec aisance, détaillant chaque objet et chaque organisme se trouvant à son bord.
« Alerte rouge ! » S’écria le commandant.
Chacun se mit à son poste. « Déployez le bouclier, armez les torpilles ! » Ordonna l’officier de la sécurité, un individu à la peau matte, grand, musclé, aux larges épaules, avec un front proéminent, le nez écrasé et de longs cheveux noirs attachés en catogan derrière la nuque.
« Bien, dit le commandant, nous sommes prêts à toute éventualité. Ouvrez une fréquence avec les étrangers. »
Un homme apparut sur l’écran, tout revêtu de blanc, avec un triangle et une étoile de David insérée dedans brodée sur la poitrine, la taille svelte, un visage allongé, les yeux d’un bleu intense, et de longs cheveux blonds lui tombant dans le dos. Le commandant du Galitana se présenta : « Je suis le capitaine Épatil du vaisseau Galitana, veuillez vous identifier. »
L’étranger répondit d’une voix pleine de douceur : « Mon nom est Eluel, du système de Gan, dans le petit nuage de Magellan. Je viens au devant de mon peuple pour secourir nos enfants, les habitants de la terre. Veuillez retourner dans votre système solaire, vous n’avez rien à faire dans celui-ci. »
Le capitaine Épatil passa sa main en travers de sa gorge, ce qui veut dire la même chose sur Galita que sur la terre : « Coupez la communication. »
Il ouvrit une fréquence avec la terre pour avertir le seigneur Pandital, mais ce dernier n’était pas disponible ; il était en train d’assister à l’exécution de Morillon et de Ménuin, et il ne fallait surtout pas le déranger. Épatil rétablit la communication avec Eluel, et il lui dit : « Eluel, veuillez faire demi-tour, ou nous devrons ouvrir le feu. »
Eluel resta impassible, il ne prit même pas la peine de répondre. Les vaisseaux titanesques continuaient leur avancée, ils avaient dépassé l'orbite de Neptune, et ils s’approchaient de plus en plus.
Le capitaine Épatil lança un dernier avertissement d’un ton grave : « Eluel, ceci est ma dernière sommation, faites demi-tour ou nous ouvrons le feu ! » Épatil était un homme sage, diplomate de vocation, et il détestait en arriver au conflit armé. Mais comme il avait fait serment de loyauté à ses seigneurs, il était contraint d’agir ainsi. Il répéta sa « dernière sommation » cinq fois avant de s’écrier : « Feu ! »
Des torpilles photoniques jaillirent du Galitana et se heurtèrent à un impénétrable bouclier invisible qui entourait l’armada de vaisseaux ganites. Ceux-ci continuaient inexorablement, imperturbablement leur avancée. Épatil lança toutes les munitions que recélait le vaisseau, en vain, alors il se résolut à lancer le Galitana lui-même sur le vaisseau d’Eluel dans un assaut-suicide.
Brusquement, les lumières s’éteignirent, les moteurs tombèrent en panne, ainsi que les champs de gravité artificielle et les champs d’inertie. Les objets et les hommes se mirent à flotter dans l’obscurité totale. Il n’y avait plus que http://t0.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcTncNmq_J6G-yeXZvYBm66eh9qs9q7AuVBNrk1FZXgezcJVS94Iles systèmes vitaux qui fonctionnaient encore, l’alimentation en oxygène , la « ceinture de Van Allen » artificielle, les synthétiseurs de nourriture ainsi que les équipements médicaux, grâce à un système discriminatoire de sabotage employé par les ganites, soucieux d’épargner des vies humaines.
La flotte d’Eluel passa aux côtés du Galitana, désormais réduite à l’impuissance, et qui dérivait erratiquement entre Mars et Jupiter.

 

 

Paris

 

On aurait pu dire que c’était la fin ; Pandital était devenu le souverain de la terre, et les belles doctrines de l’isarisme étaient oubliées. Il avait décidé de mettre un terme à cette ridicule comédie d’extra-terrestres divins. Désormais, il se montrait tel qu’il était ; un jeune aristocrate tyrannique et arrogant qui réorganisa la société terrestre à son goût. Certes, ce n’était pas un monstre sanguinaire à la Néron ou à la Caligula, mais ce n’était pas vraiment plaisant de vivre sous son règne.
Pandital avait programmé la double exécution de Morillon et de Ménuin en premier, les autres suivraient selon leur degré de responsabilité (réelle ou supposée) dans les évènements. L’exécution devait avoir lieu en public, place de l’Hôtel de Ville à Paris, afin de frapper les consciences, et les décourager de résister à leur maître.
Des gradins avaient été installés avec une tribune aménagée dans le haut, réservée à Pandital et son entourage. Ainsi, il pouvait assister à la mort de http://t3.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcSHMYqcx8dWuJ5X40PXoR1TkNATKPlyqS4JLm0xmKksaeHf5rG0ywses ennemis à la façon d’un empereur romain dans un cirque antique.
La presse du monde entier était là, toutes les grandes chaînes de télévision, les stations de radio et les sites internet étaient représentés. Une guillotine avait été dressée sur une estrade, à laquelle on accédait par une dizaine de marches en bois, celles que monteraient bientôt Morillon et Ménuin, le lendemain à quinze heures, ce qui laissait le temps aux techniciens et aux ouvriers d’achever leur travail d’installation.

 

 

 

Océan indien

 

Au large des côtes indonésiennes, une tempête se préparait. Les Galitiens avaient établi un contrôle climatique assez efficace, ayant l’avantage de réduire la fréquence et l’ampleur des intempéries, mais ne pouvant les supprimer complètement. Bien que les tempêtes furent devenues plus rares, certaines étaient encore dévastatrices, comme celle qui se précisait dans le ciel avec une inquiétante accumulation de nuages noirs.
Heureusement, l’alerte avait été donnée à temps, et les bateaux étaient restés à leurs ports. Il n’y avait qu’un petit esquif de pirates qui rôdait par là malgré l’alerte, s’efforçant de gagner les côtes de l’Indonésie, car ils fuyaient les autorités australiennes.
Malgré le système de « société sans argent » instauré à l’arrivée des extra-terrestres, il y avait toujours des pirates et des contrebandiers pour faire le trafique de produits illicites comme la drogue, l’alcool, le tabac, les armes ou l’or. En effet, la plupart des humains avaient gardé leur attrait pour ces choses et pour les richesses qu’elles rapportaient, même si officiellement elles ne valaient plus rien. Beaucoup se disaient que la « société sans argent » ne durerait pas, et qu’il valait mieux se préparer au retour de l’argent en prenant ses précautions. De toute façon, avec la mort d’Ochonios et la prise en main des affaires par Pandital, çà en prenait le chemin.
C’était une petite bande de pirates sans grande envergure ; dans leurs cales, ils transportaient de l’opium et des vieilles kalachnikovs aux crosses vermoulues (malgré la paix universelle instaurée par les extra-terrestres, on continuait à s’entretuer discrètement pour des pécadilles). Ils étaient six, le capitaine était chinois, il y avait trois malais, un indonésien et un allemand. Ils communiquaient entre eux dans la langue de leur capitaine, le chinois mandarin, et parfois en anglais.
http://t3.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcQ7_T56o2OWqyKyvRXPNVgjkLmt-pRNEoJbPFu8X-ZHbdkirXpf4wCe jour là, chacun poussa des exclamations dans sa langue natale en voyant la tempête s’approcher d’eux. Ils n’eurent pas le temps d’abaisser la voile, le bateau se retrouva dans un tourbillon effroyable et se coucha sur l’eau. Les hommes furent entrainés par les flots sans pouvoir se retenir à quoi que ce fut, ils étaient condamnés à une noyade certaine.
Soudain, la scène sembla se figer, les vagues s’immobilisèrent, comme si elles avaient été instantanément gelées, le vent tomba d’un seul coup, et plus rien de bougea. Les six hommes flottaient doucement, l’eau avait pris la texture d’une épaisse gelée dans laquelle ils ne s’enfonçaient pas. Ils se jetèrent les uns aux autres des regards inquiets, puis une lumière aveuglante perça les nuages, accompagnée d’un doux sifflement qui s’amplifia au point de devenir insupportable. Alors ce fut le silence, la lumière baissa d’intensité, et ils purent distinguer une gigantesque soucoupe volante flottant à quelques mètres au dessus des flots.
Une ouverture se forma dans la coque de l’appareil, et ils virent une silhouette humaine en sortir. C’était un homme, ou du moins une créature y ressemblant, les traits à la fois étrangers et familiers, vêtu d’une combinaison blanche, il flottait dans l’air en position debout, comme en lévitation. Il pencha la tête pour regarder les hommes, fit un geste, et ils se retrouvèrent comme hissés vers le haut, et la même force invisible qui venait de les arracher des eaux les amena à l’intérieur de la soucoupe volante.
Ils se retrouvèrent dans une salle blanche complètement vide, l’étranger était avec eux, il leur parla et chacun l’entendit s’exprimer dans sa propre langue,http://t3.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcTHTx8KYA2kjrD7u2agv9YWP--prN9sMryo0Tl5RaKCtAaqtjlTEw qui en chinois, qui en malais, qui en indonésien, qui en allemand. Il leur dit : « N’ayez crainte, nous sommes venus à votre secours. »
Les hommes crurent qu’il parlait d’eux en particulier, et ils ne se posèrent pas plus de question. Sur leur demande, l’étranger les déposa à Kuala Lumpur, et il s’éloigna dans son immense soucoupe volante.

 

 

 

 

 

Paris

 

http://t0.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcR47I_UD2w5q4KHY_-ZkJSS42FVEubUUwi89Xf0Zj63ZNa_V9HjIQEn France, la dernière exécution a eu lieu à Marseille, aux Baumettes, c’était celle d’Hamida Djandoubi, le 10 septembre 1977. Comme chacun sait, la peine de mort a été abolie en 1981, le 18 septembre exactement.  Elle a été rétablie de nos jours par Pandital, petit seigneur de Galita devenu souverain de la terre.
Debout dans sa tribune, revêtu d’une tenue martiale d’aristocrate galitien, il rappelait les dictateurs du passé terrestre. Morillon et Ménuin furent amenés en camionnette, les mains liées derrière le dos, et brutalement poussés dans l’escalier menant à l’échafaud.
Ménuin était malade, il était tout blanc et vomissait presque à chaque pas. Il n’avait même pas la force de résister. Quant à Morillon, il semblait étrangement calme et serein.

 

Cuba - La Havane

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Un terrible incendie s’était déclaré dans ancien hôtel colonial, les pompiers avaient réussi à en sortir tous les habitants, mais ils ignoraient que la petite Juanita était coincée dans les combles, où elle s’était cachée pour jouer. Terrorisée, la pauvre enfant hurlait et sanglotait sans que personne ne l’entende, les flammes l’entouraient et elle commençait à suffoquer.
Soudain, un homme habillé de blanc sortit du feu, lui sourit et la prit dans ses bras. Il lui dit quelques mots rassurants à l’oreille d’une voix douce, et ensemble, la petite fille blottie contre sa poitrine, ils traversèrent la barrière de flammes sans être brûlés le moins du monde.
Ils se retrouvèrent tous les deux dans une rue sombre, à quelques pas du bâtiment en flammes, l’étranger posa la petite fille par terre, lui fit un signe amical et s’envola dans le ciel comme un ange.



Paris

 

bl.jpgMorillon monta dignement les marches de l’échafaud, d’un pas tranquille et assuré, se tenant droit, un léger sourire aux lèvres. Ménuin dut être trainé comme un sac de patates, il ne tenait pas debout. Quand ils furent arrivés sur l’estrade, il se retrouvèrent face à un officier galitien en uniforme d’apparat, c’était un homme à la peau noir, ressemblant un peu à un africain, ses traits étaient durs et son expression sévère. Il sortit un papier de sa poche, le déplia et leur fit lecture de leur arrêt de mort à voix haute :
« Etienne Morillon, connu sous le nom d’Isar, Intendant des extra-terrestres sur la terre, et Grégoire Morillon, journaliste, vous avez été condamnés à la peine de mort pour sédition et haute trahison. Que justice soit rendue ! »
Puis il replia le papier, le remit dans sa poche, et fit signe au bourreau de commencer par Morillon.

 

 

Aux environs de Moscou
 

http://t1.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcSu5zklzKahwlCnzlwBuXsXs-7waSvyjptBwSdtABIzFXnTc1tM

Alexeï venait d’avoir un terrible accident de voiture sur une route de campagne. Un chauffard lui était rentré dedans et avait été tué sur le coup. Lui, était simplement étourdi, en reprenant conscience, il s’aperçut que sa voiture était en feu. Il détacha sa ceinture et voulut sortir, mais la portière était bloquée. Il frappa le pare brise de ses poings, mais il ne parvint pas à le briser.
Soudain, tout sembla s’immobiliser autour de lui, les flammes se figèrent, et un homme en combinaison blanche portant le symbole de l’église isarienne s’approcha de son véhicule. Il arracha la portière d’une main, sans plus d’effort que si elle eut été en papier, et aida Alexeï à descendre. Ils s’éloignèrent tous deux de la voiture et le temps reprit son cours. La voiture explosa dans un vacarme assourdissant, et quand Alexeï se retourna pour remercier l’étranger, celui-ci avait disparu.

 

 

Paris
 

Le bourreau se trouvait à l’autre bout de l’estrade, derrière la guillotine. Il franchit lentement la distance qui le séparait de Morillon, qui l’attendait avec un sourire confiant, et au moment où il allait poser la main sur lui, une lueur aveuglante envahit l‘ensemble de la scène, puissante au point d‘estomper la lumière du jour. On aurait dit l’éclair d’une explosion atomique, et ce fut ce que tout le monde redouta sur le moment.

La lumière baissa d’intensité, et tous purent voir, sur la place de l’hôtel de Ville de Paris,  Pandital et son entourage depuis sa tribune, ainsi que le reste du monde via les médias, une immense soucoupe volante descendre du ciel et s’arrêter à quelques mètres au dessus de la foule. Elle ressemblait au détail près à celles qu’Isar avait toujours décrites dans ses livres, mais elle n’était pas de fabrication galitienne.
La foule terrorisée commença à céder à la panique, et l’on assista à des scènes http://t3.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcRTr71uQVSMc_Z37TkDxriX4ap5_N_lV3MDxGr1IpsDSOTCjPe0de bousculades et de violences. Mais cela ne dura pas longtemps, car l’immense soucoupe volante se mit à émettre un agréable murmure qui calma instantanément la peur des gens.
Du haut de sa tribune, Pandital s’écria : « Quelle est cette plaisanterie ? »
Malgré sa nausée, Ménuin retrouva ses esprits, et il jeta un regard interrogateur à Morillon. Le visage de celui-ci était illuminé d’un sourire extatique. Une ouverture se forma dans la coque de la soucoupe, et un homme à l’aspect étrange en sortit : grand, svelte, un visage allongé, les yeux d’un bleu intense, et de longs cheveux blonds lui tombant dans le dos. Il était vêtu d’une combinaison blanche en tous points semblable à celle que portait Morillon habituellement, avec le symbole isarien brodé sur la poitrine ; un triangle et une étoile de David insérée dedans.
Le nouveau venu flottait dans l’air en position debout, et il descendit doucement devant Morillon, dont les liens tombèrent tout seuls de ses mains. L’étranger le prit dans ses bras en s’exclamant : « Isar, mon ami, mon frère ! Qu’il est bon de te revoir ! »
« Eluel, mon frère ! » Répondit Morillon en l’étreignant.
Il y eut un grand silence - les yeux se tournèrent vers Pandital, appuyé sur la rambarde de sa tribune. Il observait la scène d’un air incrédule, il attrapa l’archaïque micro que l’on avait installé devant lui et dit : « J’exige des explications, qui êtes vous ? »
L’étranger vêtu de blanc se remit à flotter dans l’air, il s’éleva à sa hauteur et lui répondit : « Nous venons d’un monde appelé Gan, situé dans le Petit Nuage de Magellan, notre civilisation est très ancienne, plus ancienne que la vôtre même. Il y a de cela des éons, nous avons terra-formé ce monde, nous y avons apporté la vie ; les animaux, les plantes, et les hommes que nous avons créés en laboratoire à notre image. Nous avons ensemencé toute cette galaxie, vous aussi, Galitiens, êtes notre création, ainsi que tous les habitants des planètes de votre empire. Vous êtes tous nos enfants, cela est une vérité que nous avions chargé le Saint Prophète Isar de révéler à ses semblables. Nous avions promis de revenir un jour et d’amener l’âge d’or sur la terre. Normalement, nous aurions du attendre encore un peu, mais nous avons reçu des messages télépathiques de détresse nous disant que la terre étaient aux mains d’imposteurs se faisant passer pour nous. Nous sommes donc venus, et nous vous demandons de quitter ce monde. »
plasma.jpg« Quel culot ! » S’écria Pandital. « Je vais vous apprendre à vous moquer d’un prince de Galita ! » Il sortit un mousquet à plasma de sa ceinture et tira à bout portant sur l’étranger. La décharge aurait du le réduire en miettes, mais Eluel sembla l’absorber dans sa poitrine, et elle ressortit par ses yeux sous la forme de deux fins rayons incandescents qu’il dirigea vers l’arme de Pandital et la désintégra. Pandital poussa un hurlement, car sa main le brûla. En se tenant le poignet, il se mit à insulter l’étranger qui resta impassible, se retourna vers la foule et déclara :
« Peuples de la terre ! Pendant des années, notre Envoyé, le Prophète Isar vous a annoncé notre venue, mais vous ne l’avez pas cru. Ensuite, sont venus ces imposteurs (il désigna Pandital du doigt), ils se sont fait passer pour nous, et ils ont utilisé Isar et son église pour vous conquérir.
Ici se termine le règne du mensonge, vous êtes désormais sous notre protection. »
Pandital lui cria : « Pour qui vous prenez vous ? Quittez immédiatement ce monde ou je lance mes troupes contre vous ! »
Eluel l’ignora, il leva la main, une lumière s’alluma au sommet de sa soucoupe volante, et Pandital, ainsi que tous les galitiens présents sur la terre, leurs vaisseaux spatiaux et leurs fausses soucoupes volantes se désintégrèrent. En réalité, les galitiens se retrouvèrent téléportés sur le Galitana, dans la ceinture d’astéroïdes.
La lumière se ralluma, les moteurs, le système de gravité artificielle et le champ d’inertie se remirent à fonctionner. Puis le vaisseau de pierre s’ébranla et se mit en route de lui-même vers Galita, sans que personne à bord ne puisse en contrôler la course.

La terre était libérée des imposteurs galitiens, et les véritables créateurs et http://t2.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcQS8JtyiyZibTY12glOZ2GeEtUD4izVrpJTgdvuPJ9Kt7nksLbTsauveurs de l’humanité étaient là, enfin, après des millénaires d’attente qui avait commencé dans la plus lointaine préhistoire. Cela, Morillon l’expliqua à Ménuin.
« Donc, vous aviez toujours dit la vérité, lui dit Ménuin, pourquoi m’avoir fait croire le contraire ? »
« Si je vous l’avais dit, m’auriez vous cru ? »
« J’admets que non. »
« C’était un stratagème que nous avions mis au point, les Ganites, Spark et moi, afin d’endormir la méfiance des galitiens. C’est pour cela que j’ai joué le rôle du charlatan pris à son propre piège. Cela m’a laissé le temps d’avertir nos amis par télépathie en toute discrétion. S’ils s’étaient aperçu de quelque chose, Ochonios et Pandital auraient pu alerter l’empire, qui s’en serait mêlé et cela aurait fini dans un bain de sang. »
« Je dois avouer une chose, Morillon, enfin, Isar. »
« Oui ? »
« Vous me trouez le cul ! »
Il n’y avait pas que Ménuin à qui la tournure des choses « trouait le cul », la foule sur la place de l’Hôtel de Ville, la terre entière qui assistait à la retransmission de l’évènement avait aussi le « cul troué ». C’était le plus grand « trouage de cul » de l’Histoire.
Isar prit Ménuin par l’épaule en riant, et il lui dit : « venez, Grégoire, vous m’avez bien soutenu durant ces épreuves, vous resterez à mes côtés, vous le voulez bien ? »
« Ma foi, répondit Ménuin, je crois que le monde n’aura plus tellement besoin de journalistes, maintenant. »
« Au contraire, Ménuin, nous allons en avoir besoin plus que jamais, pour parler aux gens, pour les rassurer. Ils en auront besoin après tous ces mensonges. Il faudra leur faire comprendre que le véritable âge d’or est arrivé. »
Ménuin contemplait le visage de Morillon et il se prit à sourire, à sourire comme il n’avait jamais souri. Il se sentait intensément, incroyablement heureux. Il n’aurait jamais imaginé que l’on puisse se sentir aussi heureux. D’un seul coup, tout bascula, l’image de Morillon s’estompa et il ouvrit les yeux …

 

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Il s’était réveillé brusquement, son portable vibrait sur la table de nuit en se déplaçant comme un insecte. Il faisait jour, quelle heure était il ?
Il attrapa le téléphone d’un geste rageur et prit la communication : c’était René Printemps.
« Salut, mon vieux, çà roupille ? »
« Ouais, je me suis couché tard. J’ai fait un drôle de rêve. Quelle heure il est ? »
« Çà dépend, à Montréal ou à Paris ? »
« Pourquoi ? Tu es à Montréal ? »
« Ouaip. »
« Qu’est-ce que tu fous là bas ? »
« T’es pas au courant ? Isar alias Etienne Morillon, le gourou aux extra-terrestres organise une conférence de presse dans trois jours. »
rael31.jpg« Hein ? »
« Il a du t’envoyer une invit’ »
« Je… je sais pas, répondit Ménuin, sentant un malaise l’envahir, j’ai pas regardé mon courrier, ni ma boite e-mails. Et c’est quoi le sujet de cette conférence de presse, encore le coup du bébé cloné ? » C’était vraiment désagréable, cette sensation de déjà-vu.
« Aucune idée, il a simplement dit qu’il allait faire une révélation extraordinaire à l’humanité, et qu’il apporterait des preuves. »
Cette fois ci, Ménuin se sentit carrément mal, sa bouche se dessécha, des crampes lui tiraillaient le ventre.
« René ! »
« Oui ? »
« Je saute dans le prochain avion pour Montréal ! »

 

FIN

 


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