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4 octobre 2011 2 04 /10 /octobre /2011 13:29

http://t3.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcTLlavMAp5FfXu_s1A_ul2WGdu-PeT3qQV9c3qli6IHJDIVosXZYQDans les montagnes d’Écosse, il y a très, très longtemps, il y avait un lion qui semait la terreur. Pourtant, il n’y a pas de lions en Écosse, on n’en trouve qu’en Afrique. Cela est vrai aujourd’hui, mais en ce temps là, plutôt le temps qui précédait celui là, l’Europe grouillait de fauves de toutes sortes, des lions, mais aussi des tigres, des loups, des ours etc.
À l’époque où se situe notre histoire, les hommes avaient déjà exterminé de nombreux animaux que la nature avait créés ; les éléphants géants, les http://t2.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcQFvNLP72mr_HEm3z8q1SN_bbX3hnyLD4YrwJrL6-dcdzCBEjGUmammouths, n’étaient plus qu’un souvenir, seuls les plus âgés des chasseurs se souvenaient en avoir vu, il n’en restait plus que des squelettes blanchis et des représentations maladroites au charbon sur la roche.
En ce temps là, les fauves qui avaient survécu à l’extermination étaient principalement les loups et les ours, tandis que les grands félins comme les lions ou les tigres avaient connu le sort des mammouths. Cependant, il en subsistait quelques uns çà et là, mais ces rares rescapés étaient traqués et rapidement éliminés.
http://t1.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcTpvFGPuENqMjqdjwI3eFQA-P8R5K1ux_aT8hWUYepZ0DvqoAioDans un petit village écossais, (qui ne figure sur aucune carte, car il n’existe plus), la population vivait dans la crainte, car il y avait encore un lion dans les montagnes environnantes. Apparemment, c’était le dernier de son espèce.
Il faisait pourtant de nombreux dégâts, il s’attaquait aux troupeaux ainsi qu’aux bergers, il errait dans les campagnes, et s’il rencontrait un malheureux promeneur, il se jetait sur lui, prenait sa figure dans ses mâchoires, et attendait patiemment qu’il meurt étouffé. C’est-ce baiser-de-la-mort.jpgqu’on appelle le « baiser de la mort ». Ensuite, il trainait sa victime sous un rocher pour la dévorer tout à son aise, parfois, il la mangeait sur place.
En plus de çà, il rôdait  la nuit aux alentours des villages, comme celui dont il est question dans ce récit. Il se déplaçait silencieusement dans l’ombre, et malheur au malchanceux qui croisait sa route. Comme sa façon de tuer était silencieuse, la victime ne pouvait pas donner l’alarme en criant, et l’on ne découvrait le corps (ou ce qu’il en restait) que le lendemain.
À cause de cette menace, les habitants étaient obligés de se déplacer en groupes armés, quelle que fut l’activité ; aux champs, dans les fermes ou les ateliers. Quant au village, il était entouré http://t1.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcTpqXxuBtVpt3pbA31tlKZzlW2C0_d_6yUnopXnbNil2PC0p667Bwd’une haute palissade de pieux pointus, et l’entrée était gardée par des guerriers. Cela durait depuis des années, on s’attendait à ce que çà cesse un jour ou l’autre, quand le lion mourrait de vieillesse, mais çà tardait à arriver, au point qu’on finit par le croire immortel.
Tous les chasseurs des environs s’étaient réunis dans ce village écossais dont je parlais au début de l’histoire, j’en ai oublié le nom, mais cela n’a aucun importance. Ils tentèrent de dresser un plan pour traquer ce terrible animal, et en finir une bonne fois pour toutes. Sur une carte de la région, à partir des témoignages, il localisèrent les endroits où on le voyait le plus souvent.
Ils se déployèrent tout autour de la zone, située principalement dans les montagnes, et ils resserrèrent progressivement leur étaux humain. Finalement, ils se retrouvèrent au centre de leur cercle, bredouilles, nulle trace du fauve.
Quand ils revinrent au village, ils entendirent des hurlements de femmes etlion.jpg d’enfants en pleurs. Pendant leur absence, le lion avait pénétré dans le village en s’attaquant aux gardes armés de l’entrée, il les avait presque tous tués à coups de griffes et de crocs. Ensuite, il était entré dans le village, et s'était livré à un véritable carnage, les victimes couvertes de sang jonchaient le sol.
Un survivant raconta que jamais il n’avait vu un fauve aussi grand et aussi monstrueux, d’après sa description, son encolure dépassait la hauteur d’un homme, sa crinière et son pelage étaient laineux, parsemés de touffes de poils agglutinés qui rappelaient des tresses, d’une couleur verdâtre qui tirait sur le kaki. Ses griffes et ses crocs étaient longs comme des dagues, et sa force était comparable à celle d’un éléphant.
http://t1.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcR84k0kZrper40RPX-0bwlPh8yMQ2p0NRqoosESPDvuxBYoqtDonwAprès avoir fini sa description, il mourut en évoquant cette créature de cauchemar, son visage figé dans une expression d’indicible horreur.
La situation était grave, il s’agissait manifestement d’un lion surnaturel, et l’on ne pouvait le vaincre que par des moyens surnaturels.
Le chef du village réunit les chefs des autres villages de la région pour réfléchir à un moyen de venir à bout de cette créature. Quelqu’un suggéra de contacter Tubal-Caïn, mais il habitait très loin, et l’on ne savait même pas s’il était encore en vie.
Quelqu’un d’autre proposa de s’adresser aux Troglodytes, les montagnes http://t3.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcTIcplLhguHEHFUtcIalIjlNuVh1aiEA91iuZUXP8amGj8ZRfJJnwd’Écosse leur appartenaient tout autant que celles de n’importe quel autre pays. En effet, rappelons nous qu’au début des temps, les Troglodytes, qui étaient et sont toujours d’habiles forgerons, vivaient dans des cavernes creusées dans les parois de l’Abîme.
Le Dieu El leur avait demandé de forger son Saint Nom, grâce auquel il put créer le monde. En contrepartie, il leur offrit les montagnes de pour y extraire les minerais nécessaires à leur travail.
On envoya un groupe de chasseurs dans les cavernes des montagnes, à la recherche des Troglodytes. Ils avaient emmené tout l’or qu’ils avaient pu réunir, car les Troglodytes raffolent de ce métal. Au bout de plusieurs jours de recherche, ils finirent par en trouver un.
Sur le moment, ils eurent peur, car l’aspect de ces créatures peut être quelque peu effrayant, si l’on n’est pas prévenu. Ils ressemblent à d’affreux démons à l’air menaçant, alors qu’ils sont totalement pacifiques. Ce qui ne les empêche pas de forger des armes redoutables. Ce fut ce qu’ils demandèrent à ce Troglodyte.
http://t0.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcS0yP2eeup4B9V4xMdJhQdYYToOzvDnrMJQ0D6SLAVZCq3_chNcIl se trouvait justement que c’était le chef des Troglodytes de la région. Après avoir examiné et soupesé l’or que les chasseurs avaient apporté, avec l’assurance qu’il y en avait cinq ou six fois plus encore à sa disposition, il accepta de les aider.
Il emmena tout l’or qu’il put porter, et il ne se manifesta plus. Pensant que le chef des Troglodytes les avait bernés, ils firent leur deuil de l’or qu’ils avaient perdu. Mais au bout d’une semaine, le chef des Troglodytes réapparut, les chasseurs s’attroupèrent autour de lui, curieux et anxieux de savoir ce qu’il leur avait apporté.
Le chef des Troglodytes plongea ses doigts dans sa ceinture et en sortit unhttp://t3.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcQQ9YiAf3HbgbhnYAJnzj7opEkyqmxjenbLfbUogaqCsL1sdu3WkQ vieux clou rouillé et tordu, qu’il donna au chef des chasseurs. Celui-ci, en voyant l’objet, explosa de rage, il jeta le clou à terre en vociférant des insultes à l’encontre du chef des Troglodytes et de ses semblables, les accusant de s’être moqués d’eux et menaçant de les exterminer tous jusqu’au dernier. Les autres chasseurs poussèrent des cris d’approbation, tandis que le chef des Troglodytes restait impassible, il tourna calmement les talons et s’éloigna lentement, sans qu’aucun ne fasse un geste pour le retenir.
Les chasseurs retournèrent chez eux, dépités, et à leur arrière, un jeune homme qui les accompagnait ramassa le clou et le mit dans sa poche.

En rentrant chez lui (il vivait seul avec sa mère qui était veuve), il sortit le clou de sa poche et l’examina à la lueur d’une chandelle. Apparemment, il ne s’agissait que d’un vulgaire clou rouillé et tordu, qui faisait la largeur de http://t1.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcRythtbhzipC5B2eeeOMcSUmY2t5aflIvlteFJwkEWYmk0B9V9tTm1Qdacson pouce, de ceux qu’utilisent les menuisiers et le cordonniers.
Toute la nuit, le jeune chasseur réfléchit ; si le chef des Troglodytes leur avait donné ce clou, ce n’était pas forcément pour se moquer d’eux, comme l’on aurait eu tendance à le croire. Au contraire, il y avait peut être une raison.
Tout le monde s’était attendu à ce que les Troglodytes leur fabriquent une lance, une hache, un arc, ou encore une arme extraordinaire dépassant l’imagination. Au lieu de cela, ils leur avaient donné un morceau de ferraille sans utilité, ou peut être pas…
Sur le matin, le jeune chasseur comprit. Il passa chez le boucher et lui demanda de lui céder un morceau de viande d’une dizaine de livres. Le http://t1.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcSTcws1ZitcM1aeAa6u7FjDLU3qZwMZJVCaEz60RvwDC5YAwpP_dgboucher voulait être payé, mais le garçon n’avait pas d’argent, alors il laissa son arc et son carquois en gage, sachant qu’ils ne lui serraient d’aucune utilité dans la réalisation de son plan.
Il consulta la carte, mit le morceau de viande dans un sac, et il se rendit à l’endroit où le lion avait été vu le plus souvent. Là, il sortit le morceau de viande du sac et le clou rouillé de sa poche. Il déplia son canif, fit un trou dans le morceau de viande, à peu près jusqu’en son centre, et en s’aidant de la lame, il y introduisit le clou. Ensuite, il déposa le morceau de viande au pied d’un rocher et retourna chez lui.
http://t2.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcT-u5TXYC0TNx4ps3KAqvA6iu2oxbZBLfckutshqGNFhiYYQZWvIl revint sur les lieux le lendemain avec son chien, le morceau de viande avait disparu. Grâce au chien, il put suivre la piste du lion, et au bout de quelques heures de marche, il trouva son cadavre sur le chemin ; le lion avait dévoré la viande avec le clou dissimulé dedans, et le clou lui avait déchiré l’estomac, provoquant une hémorragie qui n’avait tardé à le tuer.
Le pauvre animal avait du souffrir le martyr, mais le jeune chasseur n’entrait pas dans ce genre de considération, au contraire, il était fou de joie. Il retourna en courant au village pour annoncer la nouvelle, mais personne ne voulut le croire. Il n’était encore qu’un enfant, à peine en âge de piéger un renard, quant à tuer un lion des montagnes…
Mais le garçon insista tellement que les autres chasseurs acceptèrent de lehttp://t2.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcSco2NIvCzd4qC6fmu-POmegJn0lewqFRQj9uYERlo4BoBoOePe suivre, le prévenant de la raclée qui l’attendait s’il avait menti. Or, tout le monde qu’il avait dit la vérité, en voyant l’immense dépouille du lion étendue en travers du chemin.
Le garçon raconta comment il s’y était pris avec le clou des Troglodytes et le morceau de viande, alors les chasseurs éclatèrent de joie à leur tour, et ils le ramenèrent au village sur un bouclier, comme on le fait pour un chef de clan.
Ils ramenèrent aussi la dépouille du lion sur brancard trainé par deux chevaux, il était tellement lourd qu’il était impossible de le hisser sur une selle, et un seul cheval n’aurait pas suffi à le porter..
http://t1.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcSUuwTsbq2evTPTWbqyXTpOzgMQDQVfG4z3GEWy5ZkBYSS466VZCQToute la nuit, on fit la fête au village, et les habitants des villages alentours s’étaient joints aux réjouissances. Un barde composa, ce soir là, une épopée que l’on entendit des siècles durant sur un air de cornemuse. Elle racontait l’histoire du jeune chasseur qui avait tué le dernier lion d’Écosse, malheureusement, on en a perdu la trace. Mais ce que l’on sait, c’est qu’elle ne disait pas un mot des Troglodytes, à qui pourtant, les chasseurs devaient un grand service. Mais les Troglodytes sont habitués à l’ingratitude.

 

 

 

 

 

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