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8 avril 2012 7 08 /04 /avril /2012 16:52

Le plus grand trésorhttp://t0.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcSfqD9h9760BuAw6baUeGzpfbdJjVJU830pHzdAKgr1aPbHQ9SM6hNCAAUY
Il était minuit passé quand Donald fut réveillé par un tambourinement intempestif à sa porte. Il vint ouvrir en pyjama et en bonnet de nuit, baillant et maugréant contre ce visiteur inopportun qui le dérangeait dans son sommeil. « Voila ! Voila ! J’arrive ! » Cria-t-il. Il ouvrit la porte et l’Oncle Picsou entra en trombe en lui lançant sèchement : « Donald ! Réveille les enfants et faites vos valises ! »
http://images.wikia.com/picsou/fr/images/1/1a/Dago13.jpgIl y avait quelque chose d’étrange dans son comportement, Picsou avait toujours été un caractériel notoire qui piquait de spectaculaires crises de nerfs, souvent pour des peccadilles. Tout le monde connaissait ses changements d’humeur soudains, ses lubies qui le faisaient débarquer chez son neveu à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit pour l’embarquer à l’autre bout du monde, si ce n’était pas au centre de la terre ou carrément sur une autre planète, comme cela c’était déjà produit plusieurs fois, la routine, quoi.
Il s’était fait conduire en limousine, ce qui était banale, car il avait déjà http://images3.wikia.nocookie.net/__cb20110304183942/picsou/fr/images/thumb/c/c6/Car196109.JPG/185px-Car196109.JPGdébarqué en calèche, en dirigeable, en hélicoptère, en fusée spatiale et en foreuse souterraine. L’expression de son visage était particulièrement grave, il avait l’air extrêmement inquiet. « Donald, les enfants et  toi allez vous installer quelques temps chez moi, dans mon coffre de Killmotor, c’est l’endroit le plus sûr de Donaldville.  Lui dit il sur un ton autoritaire. Je serai plus tranquille ! » Ajouta-t-il.
« Onc’ Picsou, vas-tu m’expliquer ? Je trouve que tu as un drôle d’air. » Répondit Donald.
picsouPicsou entra dans une de ses colères phénoménales, bondissant sur place en agitant sa canne : « Donald ! J’ai l’air que je veux ! Ne discute pas, prends tes affaires et viens t’installer chez moi tout de suite avec les enfants ! Ne perdons pas de temps ! » Il se calma un peu, et il dit : « Excuse moi, mais je suis inquiet pour votre sécurité. »
« Notre sécurité ? Demanda Donald, tu as peur à cause de la bestiole qui rôde en ville ? »
« Oui, elle vient de faire une nouvelle victime. »
« Un autre chien ? » Demanda Donald avec une vague inquiétude.
« Non, un homme. »
J’ouvre une petite, mais alors une toute petite parenthèse ; je vous ai dit plushttp://images3.wikia.nocookie.net/__cb20120116120854/picsou/fr/images/thumb/a/ad/Dp_holiday_duckburg_sm.jpg/200px-Dp_holiday_duckburg_sm.jpg haut que dans l’univers des Duck, humains et animaux anthropomorphes se qualifiaient tous d’humains, d’hommes et de femmes quelles que furent leurs espèces. Même si Gontran Bonheur était un jars anthropomorphe (d’ascendance canard anthropomorphe du côté de sa mère, ne l‘oublions pas), il était considéré, tout comme Donald, Picsou ou n’importe quel autre habitant doté de conscience et civilisé de cet univers, comme un homme. Excusez moi pour cette interruption dans le récit, j’ai peut être tendance à me répéter, mais je préfère que les choses soient claires.
Donald se mit à transpirer. « Un homme ? Quelqu’un que l’on connait ? »
gontran malheur« Que nous connaissons, plutôt que nous connaissions tous très bien. Il s’agit du cousin Gontran. »
À ce moment là, Riri, Fifi et Loulou, réveillés par l’intrusion nocturne et bruyante de leur grand-oncle étaient descendus discrètement à mi-hauteur des escaliers et s’étaient assis sur les marches, ils écoutaient silencieusement la conversation pour ne pas se faire remarquer, mais en entendant la terrible nouvelle, ils ne purent réprimer un cri.
« Ah, vous étiez là, les enfants. Leur dit Picsou, de toute façon, vous l’auriez appris tôt ou tard. Allez vous habiller et prenez vos affaires, vous vous installez chez moi avec votre oncle, j’ai peur que cette satanée bestiole s’en prenne à vous. »
Balthazar Picsou refusait de l’admettre, de peur qu’on le taxe de faiblesse (et Dieu sait s‘il avait horreur d’être taxé), mais à ses yeux, sa famille avaient infiniment plus de valeur que l’argent, au point de la mettre à l’abri dans un coffre .

Famille, amis, souvenirs et regretshttp://images3.wikia.nocookie.net/__cb20100819150534/picsou/fr/images/thumb/6/6a/Donaldwelcome.gif/180px-Donaldwelcome.gif
Il était bien une heure du matin quand Donald et ses neveux arrivèrent au coffre de Picsou, ils n’en habitaient pas très loin ; on le voyait même depuis la fenêtre du salon, mais il avait fallu s’habiller et préparer les valises, car ils n’allaient pas revenir chez eux avant un moment.
En pénétrant dans les appartements de Picsou, ils retrouvèrent toute la famille et des amis proches, la plupart canards anthropomorphes comme eux.
http://images2.wikia.nocookie.net/__cb20110311211438/picsou/fr/images/a/a5/125px-907980-nonna_large.jpgIl y avait Elvire Ecoutum la matriarche de la famille plus communément appelée Grand-Mère Donald, cane anthropomorphe d’un certain âge, les cheveux coiffés en chignon, vêtue d’un corsage noir avec un col en dentelle et portant des lunettes en demi-lune.  Elle était accompagnée de son petit-neveu Gus Glouton, un jars anthropomorphe assez paresseux et doté d’un fameux embonpoint, il était endormi sur un divan, son bob rabattu sur les yeux.
Elvire avait refusé de venir sans les animaux de sa ferme ;  les appartements étaient donc envahis de veaux, de vaches, de chevaux, de cochons, de http://t0.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcSJQmFWsVkywzD_vI26GWxdXMS95xBxhQ0VpTcszvvffYmNFd5Gvolailles de toutes sortes, mais non anthropomorphes, des animaux presque normaux, comme ceux que l’on rencontre dans notre univers. Je dis « presque » normaux, car même s’ils n’étaient pas physiquement anthropomorphes, leur comportement l’était un peu.
Il y avait aussi Daisy avec ses nièces, Lili, Lulu et Zizi, qui avaient le même âge, la même taille que leurs cousins Riri, Fifi, en plus de çà, http://images1.wikia.nocookie.net/__cb20120316111232/picsou/fr/images/thumb/9/90/Nie195402.jpg/180px-Nie195402.jpgmême n‘appartenant pas à la même famille, leur ressemblait beaucoup. Toutes quatre étaient des canes anthropomorphes aux grands cils, vêtues du même chemisier et du même nœud sur la tête.
Il y avait également le cousin Popop canard anthropomorphe, avec son éternel pull à col roulé ethttp://t1.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcTND4iu6WfIGu2T8DekmzE8ZZijKY0o54vskH3os5S3YEWhaTgy son bonnet rouges, d‘où dépassait une tignasse de cheveux noirs en bataille.
On notait la présence de Ludwig Von Drake (plus connu comme Donald Dingue), l‘époux (ou l‘ex-époux, on n‘a jamais su trop dire) de Matilda, la sœur de Balthazar Picsou. C’était un canard http://images4.wikia.nocookie.net/__cb20110528105214/picsou/fr/images/1/18/Images-12.jpganthropomorphe d’un certain âge distingué, dans sa veste de costume et sa cravate. Le haut de son crâne était dégarni, il avait une couronne de cheveux gris autour de la nuque, de gros sourcils broussailleux gris eux aussi, et une paire de lorgnons posée sur le bec.
Ludwig Von Drake était né à Vienne, et il se disait le petit-fils de la Mère l'Oie. C’était un génie absolu, ses connaissances et ses domaines de compétences étaient faramineux, il savait pratiquement tout sur tout. À une époque, Picsou l’avait engagé comme consultant, mais cela s’était traduit par une catastrophe financière sans précédent.
Géo-Trouvetou était là aussi, il ne faisait pas partie de la famille, mais danshttp://t3.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcSUd6nx-WRTDYXk_hyp6PyaG4nCrSxI6TR5q8l1KTz2T73kSofk le cœur de Picsou et des autres, il en était un membre à part entière. Ce n‘était pas un canard, mais un cacatoès anthropomorphe, il était un peu plus grand que les canards, mince, le corps élancé, son bec était pointu, il avait une tignasse de cheveux roux coupés au bol et il portait toujours un bob retenu par un élastique sous son menton. Il était vêtu d’une chemise et d’un gilet sans manche, et contrairement aux canards anthropomorphes, il se vêtissait le bas du corps avec un pantalon et des chaussures (voir ce que j‘ai dit plus haut à ce sujet, je ne vais pas tout répéter à chaque fois, on n‘en finirait pas).
Comme Ludwig Von Drake, Géo était un génie, c’était un inventeur http://t1.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcRcCUM8-bWAIKZB4UqRcTUPYaaAvlvJhYtOE64ZS0Ozaj2NTd_gDwprofessionnel, quoiqu’un peu farfelu. Il avait inventé le Mixeur Universel, la balle de baseball aimantée, le vélo soucoupe, le Mélodivache, la voiture à une roue, la cloche d'école pour poissons, la voiture à coussin d'air, le traducteur de langues, et le Dissoutou. Cette dernière invention était la plus dangereuse de toutes, elle avait même failli provoquer la fin du monde, mais nous en reparlerons plus tard.
Géo était accompagné de son inséparable Filament, petite créature d’une vingtaine de centimètres de hauteur en fils électriques avec une ampoule à la place de la tête. Anciennement, c’était une lampe de chevet appartenant à Donald, qui par un caprice du hasard, se retrouva dotée d’une conscience. Il ne resta plus à Géo qu’à lui bricoler un corps plus pratique.
Balthazar Picsou aurait aimé que ses sœurs Hortense et Matilda fussent là. Àhttp://t3.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcRb0X3nEkFUs2ggq980vzC8OTh1Ff7RWLajg4AjyTqDfb1mHAIanA chaque fois qu’il pensait à elles, le remord le rongeait cruellement. Elles étaient retournées en Écosse après s‘être disputées avec lui et il ne les avait jamais revues. Tout était de sa faute, à l‘époque, il avait préféré son argent à sa famille, et il le regrettait maintenant.
C’est pourquoi, dans les circonstances actuelles, il crut trouver l’occasion de se racheter, il réalisait à quel point la famille était précieuse, et même le plus précieux de tous les biens. Il s’était juré de la préserver désormais, quitte à sacrifier tout son argent, et il se sentait heureux d’avoir réuni tout son petit monde autour de lui.

Cimetière de Donaldville
http://images2.wikia.nocookie.net/__cb20110805082718/picsou/fr/images/thumb/f/f8/Cimeti%C3%A8re.png/250px-Cimeti%C3%A8re.pngUne scène banale chez nous : un enterrement. Mais dans l’univers des Duck, c’était éminemment exceptionnel. Picsou, Grand-Mère Donald, Gus, Donald et ses neveux, Daisy et ses nièces, Ludwig Von Drake, Popop et Géo Trouvetou étaient présents à l’enterrement de Gontran Bonheur. Tous étaient habillés de noir, les femmes portant une voilette noire devant les yeux.eglise.jpg
Gontran était enterré selon les rites de l’église Anglicane Episcopalienne, communauté à laquelle appartenait toute la famille Duck. Le pasteur, un perroquet anthropomorphe revêtu d’une aube blanche, prononçait son oraison, il bafouillait, hésitait, reprenait souvent le fil de son discours, car il était plus habitué à baptiser ou marier les gens qu’à les enterrer. C’était la première fois qu’il faisait çà, ni lui ni ses confrères n’en avaient jamais eu l’occasion jusqu’à ce jour, même au cours d’une très longue carrière comme la sienne.
http://t0.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcRz8h8RZy8Fe7r4pOA6y92AL9U8PR_hcGdsNkPmlhttlxxMuAFOUne fois qu’il eut terminé, les fossoyeurs, enfin, les employés habituellement chargés d’entretenir les tombes et les fleurs du cimetière, se mirent à reboucher la tombe. C’étaient  deux jeunes chiens anthropomorphes, ils étaient tout aussi désemparés que le pasteur, c’était la première fois de leur vie qu’ils mettaient quelqu’un dans un trou et le recouvraient de terre, çà leur semblait démentiel. Ils pensaient que c’était une blague, que le type qu’ils enterraient était une sorte d’illusionniste, et qu’il allait réapparaitre bien vivant dans quelques minutes.
Mais il n’en fut rien, Gontran Bonheur n’était pas un illusionniste, il était mort et bien mort, et il ne réapparaitrait jamais.
Comme cela a plus ou moins été suggéré, dans l’univers Disney, la mort http://t2.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcS6519EzcO-wjCzt3_PLTMn-NlzZIH0tf9ViiuXG2R-rLDSQSoIétait rare, discrète et quasi-inexistante. Quasi-inexistante ne veut pas dire qu’elle n’existait pas du tout, seulement, personne ne l’évoquait ouvertement, si ça avait été le cas, si quelqu’un s’était avisé d’aborder délibérément le sujet dans une conversation, c’eut été considéré comme indécent, voire obscène.
Pourtant, dans cet univers il y avait bien des guerres, comme dans le nôtre, mais elles occasionnaient surtout des bleus et des bosses, au pire des membres fracturés, tout comme les accidents de voitures en temps de paix, qui n’étaient jamais dramatiques sauf pour les voitures qui finissaient à la casse.
http://t1.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcQAim8QWmnQfqcLisZIryFt8fV6r8E1857iwzXqKv8ejJE_z0GS5wIl y avait aussi des maladies et des hôpitaux, mais l’on y soignait surtout des fractures ou des maladies bénignes, jamais l’on entendait parler de cancer, de SIDA ou d’une quelconque maladie mortelle. Dans les hôpitaux, il n’y avait pas de morgue puisqu’il n’y avait jamais de décès, et les cimetières servaient surtout de lieu de promenade par beau temps. Les tombes étaient toutes très vieilles, et les plus récentes devaient avoir tout au plus une centaine d’années.
Dans cet univers, le concept de mort était un concept plus qu’abstrait, quelque chose que l’on n’évoquait à mi-voix et que l‘on refoulait le plus possible. La mort survenait parfois dans la vie des gens, mais c’était toujours lointain, on apprenait la disparition d’un parent ou d’un proche par une lettre ou un télégramme, ou bien c’était quelqu’un qui vous le disait, mais il y avait toujours un élément intermédiaire qui empêchait d’en être témoin direct. Cela peut paraitre étrange, mais c’était une loi naturelle de cet univers.http://t1.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcRkqrCJt_FNLmVfpUcrmbzPwV29mVy-B-tOsBg-CMTZau7Gcw5b
De mémoire d’homme, d’humain ou d’animal anthropomorphe, c’était la première fois que l’on était aussi directement et aussi brutalement confronté à la mort, et que les circonstances obligeaient les gens à en parler, tout au moins, y penser.
Les deux jeunes chiens anthropomorphes chargés de reboucher la tombe de Gontran s’appelaient Mike et Erb. Les fossoyeurs improvisés travaillaient en silence, et quand ils eurent terminé leur lugubre tâche, ils rangèrent leurs pelles et allèrent se changer au vestiaire.
« On boit un verre avant de rentrer ? »  Proposa Mike.
« Volontiers. » Répondit Erb.
http://t0.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcR94b85TvYOLS-HLXgeBYHmjAMK2h7ivxn_1w0igytVLi-McMhYIls empruntèrent l’allée centrale du cimetière pour se diriger vers la sortie, et ils passèrent devant le caveau de la Famille Écoutum. La famille Écoutum descendait de Cornélius Écoutum, le jars anthropomorphe qui avait fondé Donaldville en 1818, le caveau était situé au centre du cimetière, cétait le plus grand, il comprenait même une chapelle.
« Dis donc, dit Erb en s’arrêtant, je crois que j’ai entendu un bruit dans le caveau des Écoutum. »
« Sans doute un chat ou un rat. » Répondit Mike.
« Peut être aussi un clochard ou un gosse, dit Erb, allons voir. »
Ils poussèrent le portail, la serrure était rouillée, elle s‘était effritée depuis longtemps. Ils entrèrent prudemment et avancèrent à pas de loup. Il faisait sombre, et ils n’avaient pas de lampe de poche.
« Il y a quelqu’un ? » Lança Erb.
Pour toute réponse, il y eut une respiration sifflante provenant du fond de la chapelle.
« Montrez vous ! Cria Mike, on vous fera rien ! »http://t1.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcRvI-7BJ7NmgFojSkJId96RAr3KY9SgZUmQE1x26yk1ffDc6MEKfw
« On voit rien, dit Erb, attends, j’ai des allumettes. »
Il craqua une allumette, et autour d’eux ils distinguèrent des objets sphériques baignant dans un nuage verdâtre.
« Qu’est-ce que c’est que çà ? » S’exclama-t-il. La flamme lui brûla les doigts et il lâcha l’allumette quihttp://t3.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcSsbe68d2220X6M1-edDv8x36tMoQn-5IQ72FvEKUHjKWa537Gs s’éteignit. Il en craqua une nouvelle, et quand la flamme se fut développée, il poussa un cri : dans la lueur ondoyante, une face de cauchemar semblait le fixer malgré l’absence d’yeux, retroussant ses lèvres sur une grande gueule grimaçante et dégoulinante de bave.
Il fit tomber l’allumette qui s’éteignit à son tour. Fébrilement, il en craqua une troisième en reculant, et ilshttp://t3.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcQFwmLw8mgBAZ-eJhydsV1kN0mD8iD5ejP0Di7cUnXGIWicRigv purent voir des dizaines de grandes araignées jaunes accourant autour d’eux dans un ignoble crépitement de pattes griffues sur la pierre du sol. Erb et Mike eurent juste le temps de pousser un hurlement avant que deux de ces affreuses créatures ne s’agrippent à leurs visages.

 Castors Juniors
http://images1.wikia.nocookie.net/__cb20100817202061/picsou/fr/images/thumb/4/48/Castorsjuniors.jpg/280px-Castorsjuniors.jpgOn espérait que la mort de Gontran avait définitivement conclu cette terrible affaire. On n’avait pas retrouvé la meurtrière créature, elle ne s’était plus manifestée depuis deux ou trois jours. On se plaisait à croire qu’elle était morte.
Bien que Picsou insistât pour que toute la famille reste à l’abri dans son coffre, la vigilance se relâcha un peu. Riri, Fifi et Loulou avaient été invités à l’anniversaire d’un de leurs camarades Castors Juniors, Ethan, un gosse cochon anthropomorphe de leur âge.
À l’origine, les Castors Juniors étaient le nom d’une milice armée créée à la http://t3.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcTM0PQJbkIw13yiU1YPCasJ6djZK_lSo1U19vKjDeH01dC325fvtgfin du XIXe siècle par Cornélius Écoutum, le père fondateur de leur communauté, pour protéger Fort Donaldville. Plus tard, en 1901, son fils Clinton Écoutum en fit une troupe de scouts destinée à enseigner aux enfants les bonnes actions la préservation de la nature et du savoir, l'aide et le respect des personnes, la politesse, l'autonomie et la débrouillardise. D‘ailleurs, les Castors Juniors avaient beaucoup aguerri Riri, Fifi et Loulou, ils les avaient rendus plus murs et plus responsables.
Il devait y avoir dix ou quinze Castors Juniors par cet après-midi ensoleillé, tous coiffés de la toque à queue en fourrure, à la manière de Davy Crockett, avec le sigle des Castors Juniors brodé dans un losange.
http://t0.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcRjQa79thhJQt3Nh4ZQ_DHJFh-ewnW7BtdQQwkkR96RlMnYLVt8rwLes parents d’Ethan avaient aménagé un buffet dans le jardin ainsi qu’une scène sur laquelle se produisaient divers artistes pour distraire les enfants ; des clowns, des chanteurs et notamment un prestidigitateur, un loup anthropomorphe élégant dans son smoking et son haut-de-forme huit reflets, accompagné de son assistante, perroquet anthropomorphe à la taille élancée, avec une longue chevelure blonde et vêtue de la tête aux pieds d’une tenue moulante rouge brodée d’or (En règle générale, les oiseaux anthropomorphes de ce monde ne s’habillaient que le haut du corps, commehttp://t1.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcSS0aLT0__OgyZ6KaB4ycjLXmrWpM5f7tk79POm5uqO3iattmsepw nous l’avons vu plus précédemment, seuls les perroquets dérogeaient à cette règle en s’habillant tout le corps. Curieusement, d‘ailleurs, les perroquets anthropomorphes étaient plus grands que les canards ou les oies anthropomorphes).
Après quelques tours classiques, comme sortir un lapin de son chapeau, avoir fait apparaitre un bouquet de fleurs dans un foulard et transformé sa canne en colombe, il annonça qu’il allait faire disparaitre son assistante pour la faire réapparaitre ailleurs.
http://t0.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcTT-fZ7PmdORtyhiBgS7RNoZuMPUre7-2styLdS6IrubxK5T6x-BwIl recouvrit la jeune femme d’un grand voile de soie, récita une formule magique fantaisiste : « Abracadabra, fouchtri fouchtra ! », puis il retira prestement le voile. L’assistante avait effectivement disparu, mais à sa place se dressait quelque chose d’inattendu ; une statue de monstre en position accroupie aux grandes dents et aux longues griffes, noire comme de l’ébène.
Toute l’assistance sursauta et il y eut des murmures mi-amusés mi-effrayés, la plupart croyaient que cela faisait partie du spectacle. L’apparence de cette statue était tellement hideuse que les parents des enfants trouvèrent cela de mauvais goût. Cependant, le prestidigitateur était encore plus surpris qu’eux, car il n’avait pas du tout programmé cette chose.http://t1.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcT-oGbgsZuI11lvlf_42UuV774TymoTnhIeYInguR3dhu0dZVUA
La statue représentait une créature humanoïde, avec une tête allongée sans yeux ni nez ni oreilles, avec des dents métalliques évoquant des poignards, deux bras et deux jambes, des griffes pointues, des appendices en forme de tuyaux émergeant du dos et une longue queue se terminant par une pointe acérée.
Après un moment de silence, le prestidigitateur se tourna vers les spectateurs et commença à dire : « Mesdames et messieurs… » il n’eut pas le temps de continuer sa phrase, qu’une pointe noire rougie de sang lui sortit brusquement de la poitrine, c’était la statue, http://t1.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcQH8pAszSgVuGgCuU6UtbTrq7R2gih86VmJXe0MVwZqP-zde_axqui n’en était pas une, vous l’aurez deviné, et qui avait fait tournoyer sa queue avant de la planter dans le dos du magicien, la faisant ressortir de l’autre côté.
Il y eut un moment de silence, le visage du prestidigitateur avait pris une expression de surprise mêlé d’horreur et d’incrédulité en regardant la lame d’ébène qui dépassait de son torse, puis ses yeux se révulsèrent, son corps se relâcha et pendit comme une poupée de chiffon à un crochet.
Le monstre noir s’anima pour de bon, soulevant une vague de panique et de http://t1.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcTmBeO7dtx05nmXIi2RGlcP8hhDvz1yhnGLTrKqmLFXO8WtnYodNAcris d’horreur. Elle fit tournoyer sa queue où était accroché le prestidigitateur et le lança au loin, il atterrit sur le toit des parents d’Ethan. Ce fut la cohue chez les adultes et les jeunes enfants qui étaient présents, Riri, Fifi et Loulou, ainsi que leurs camarades Castors Juniors prirent les choses en main ; il tâchèrent de calmer les gens et de les faire sortir sans bousculade.
http://t0.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcT57Qw2XCai2ONxZuiVSoxOy_52MMbLd0Pw_4TZjM2tG58Pfoew3ATout le monde était parti, et la créature passait une rage sauvage sur l’ameublement du jardin. Les enfants avaient alerté les autorités qui arrivèrent rapidement ; une voiture de police et deux agents, un chien et un cochon anthropomorphes qui n’avaient pas l’air très malin. Ils dégainèrent leur armes avant d’entrer dans le jardin, et quand ils virent la créature en train de s’acharner à démolir une tonnelle, ils la mirent en joue avec leurs pistolet et le cochon anthropomorphe s’adressa à elle : « Les mains en l’air ! Plus un geste ! »http://t1.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcSw1D8HSCOs6K6LfL3_5TKGBnMgVWpajFzggVkZEqVHeAHXIFfD2Q
La créature interrompit son activité pour se tourner vers les deux policiers, elle retroussa les lèvres sur ses longues dents métalliques en feulant comme un animal sauvage et elle se jeta sur eux. Les policiers firent feu, la créature avait saisit le cochon anthropomorphe qui continua à tirer et la blessa à la poitrine. Le sang qui en jaillit était verdâtre et fumait comme de l’eau bouillante. En la recevant sur lui, le policier poussa un hurlement de douleur, et quand la créature le relâcha, il retomba par terre avec le corps à moitié rongé, comme s’il avait été dévoré par des termites cannibales, ses deux bras et son arme avaient http://t3.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcTqftM15sXpnK-FOzcN1GSZCDY_QnkznfHVhkzTGVUrfIc1cxxccomplètement fondu sous l‘action de ce sang acide, ainsi que son ventre et sa poitrine dont on voyait l‘intérieur sanglant et encore palpitant.
La créature blessée prit la fuite, elle sauta au dessus la barrière du jardin et disparut dans les rues de Donaldville. Sur son passage, chaque goutte de son sang avait laissé un cratère fumant et grésillant.
Riri, Fifi, Loulou et leurs camarades coururent au coffre de l’Oncle Picsou pour s’y réfugier. Ils avaient fait leur devoir de Castors Juniors en s’assurant que tout le monde était en sécurité et avoir appelé les secours. Ils s’étaient montrés courageux et responsables, et le sens du courage et de la responsabilité avait été plus que jamais nécessaires en de telles circonstances.

 

Daisy et Clara
http://images4.wikia.nocookie.net/__cb20110221180055/picsou/fr/images/thumb/b/b0/Clara-cluck.jpg/280px-Clara-cluck.jpgAu moment où s’était déroulé ce drame, Daisy se trouvait avec une amie à elle, Clara, dans un magasin de vêtements féminins. Clara Cluck était une poule anthropomorphe qui avait la particularité de ne porter aucun vêtement, hormis un chapeau à plume, cela ne dérangeait personne, car l’épaisseur de son plumage emplissait largement, chez elle, le rôle de vêtements.
Bien évidemment, c’était pour Daisy qu’elles étaient là, elle avait le haut de son corps à habiller, elle, et elle s’apprêtait à choisir un chemisier. Elle en avait sélectionné trois, et elle attendait son tour devant la cabine d’essayage.
http://t1.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcRBGhxPsX0IQmrQjBWH0V8w5pdUvh9pHXg0H7Kie23wvNSlkCDuElle bavardait avec Clara pour tuer le temps, mais au bout d’un moment, çà commençait à sembler long. Elle appela à travers le rideau : « Vous en avez encore pour longtemps, madame ? » Pour toute réponse, elle entendit un drôle de feulement comme venant d’un fauve. Daisy eut un mouvement de recul, et elle demanda « Tout va bien ? Avez-vous besoin d’aide ? » À nouveau, elle entendit cet étrange feulement, et d’une main tremblante elle écarta le rideau de la cabine.
Elle poussa un cri de terreur qui se communiqua immédiatement à Clara et auxhttp://t0.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcRuYlMa4hLWYm8r8EP45u7qqtCaP7xGoGqmmKsX6TWs_BqqDJBYxg autres clientes du magasin sans qu’elles ne sachent pourquoi ; le simple fait d’avoir entendu crier Daisy avait suffi à déclencher la panique. La panique augmenta d’intensité quand ce qui avait fait aussi peur à Daisy dans la cabine d’essayage en sortit.
Ce fut la cohue aux portes du magasin, les femmes se bousculaient et se piétinaient pour sortir. La sirène d’alarme se déclencha et peu après la police arriva, deux chiens anthropomorphes l’un d’eux portant des lunettes noires sur le museau. Daisy et Clara vinrent à leur rencontre pour leur raconter ce qui s’était passé : « Monsieur l’agent, un monstre horrible nous a attaquées ! » S’écria Daisy. « Il était affreux, il avait des longues dents et des griffes pointues ! » Et Daisy reprit de plus belle, interrompue par Clara qui était à nouveau interrompue par Daisy.
http://t3.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcRZ-cPsSrWx5EsE_f-2Arj4Y1ahDDroDK3MucZqbc_o_RkQ7EpjJQ« Bon, du calme ! » S’exclama l’agent en lunettes noires. « Expliquez nous calmement, parlez chacune votre tour ! C’est quoi cette histoire de monstre, où est il ? »
« Il est là ! » S’écrièrent Daisy et Clara en désignant la créature qui sortait du magasin, et aussitôt, elles prirent leurs jambes à leur cou.
La créature tenait une vendeuse dont le corps sans vie pendait à son bras. En apercevant les policiers, elle la jeta sur le côté et se précipita sur eux. Les policiers dégainèrent leurs armes et firent feu, la créature restait insensible à leurs balles qui rebondissaient sur sa cuirasse et continua à avancer, elle se saisit de celui qui portait des lunettes noires et lui déchira la gorge à coups de griffes, tandis que l’autre sautait dans la voiture et démarrait en trombe.

Daisy et Clara s’étaient précipitées au coffre de Picsou pour se mettre à http://t2.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcSnAGCQZ6B6gZphr1qQ8_8vFqATrWQnPzyAbhKmYEAwFQ30A9tql’abri, et elles arrivèrent en même temps que Riri, Fifi, Loulou et les autres Castors Juniors qui venaient de vivre la tragédie de l’anniversaire d’Ethan. Ils se mirent tous à parler en même temps, l’Oncle Picsou tenta de les écouter, puis il les interrompit soudainement : « Taisez vous ! S’écria-t-il, vous parlerez chacun et chacune votre tour ! Commence, Daisy, je t’écoute. »
Daisy raconta avec Clara ce qui leur était arrivé au magasin de vêtements, puis ce fut le tour de Riri, Fifi, Loulou et des Castors Juniors dont http://t2.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcS3tXAxf45stR1roqh83VbD5zuDJFWxACtmwwuECxVfiW6zGcQDl’expérience avait été plus traumatisante. Picsou se tourna vers Ludwig Von Drake et lui demanda : « Qu’est ce que tu en penses ? »
« Si ces deux évènements se sont déroulés en même temps, cela veut dire qu’il y a maintenant deux créatures. »
« Au moins deux ! » Rectifia Loulou, en mettant l’emphase sur « Au moins. »
« Il y en a peut être plus. » Ajouta Riri.
« Oui, continua Fifi, et si çà a été calme ces derniers jours, c’était peut être le temps qu’il fallait à la première créature pour se reproduire. »
« Les enfants ont raison, intervint Géo, il faut mettre les gens à l’abri. »http://t2.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcSLK620EUQjeJmis7qX1FsWtfX8W317oHlbbXzlwDlpSCDlUtbv
« Je m’en charge, répondit Picsou, mon coffre est suffisamment grand pour héberger tous les habitants de Donaldville, du moins une bonne partie. Il faudra que l’armée mette le reste à l’abri dans un endroit sûr. »
« Il faudra aussi qu‘elle boucle la région, pour ne pas contaminer les alentours. » Dit Ludwig.
Picsou décrocha le téléphone et composa un numéro. « J’appelle le Maire. » Expliqua-t-il brièvement.
On lui passa le Maire de Donaldville en personne, et Picsou eut une longue conversation avec lui, puis une fois qu’il eut raccroché, il se tourna vers sa famille et les amis qui étaient présents et ils leur dit :
« Jamais nous n’avons été en danger à ce point là. La télévision et la radio vont émettre des communiqués invitant la population de Donaldville à s’installer chez moi pour se mettre à l’abri. L’armée va patrouiller dans la ville qui est dores et déjà bouclée, afin que personne n’entre ni ne sorte. »
http://t2.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcR_-m7jBVcyKtBqNU-i2zIBF9yNP_QhNlsOEYoUjiCy--gppW9FDonald s’écria : « Si je comprends bien, nous sommes isolés du reste du monde ! Çà va durer longtemps cette affaire là ? »
« Je n’en sais rien, Donald, mais si çà prolonge, le gouvernement va nous faire parvenir des vivres. On ne sait rien de ses créatures, il ne faudrait pas qu’elles infestent les environs, qui sait jusqu’où çà pourrait aller ? »
« Elles pourraient se reproduire et infester le reste du monde. » Conclut Ludwig d’un air grave.

Malgré son avarice, Picsou avait résolu d’acheter le tout dernier modèle http://t3.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcSL6Vj7AIKcEvs6doWeNfvCNqhl43uRxyrbCdXWy_AUQRM0xXjAd’ordinateur le plus sophistiqué. Il s’agissait d'un NCR-Elliott 803, qui a aussi existé sur notre monde, ses fabuleuses capacités atteignaient 12 bits soit 8192 mots. La bibliothèque de programme comprenait des programmes standards de calcul matriciel, d'équations différentielles, d'intégrales, de fonctions etc. Grâce à ce bijou de la technologie, Ludwig Von Drake put effectuer de complexes calculs dont même un savant de son niveau eut été incapable s’il avait du s’en passer.
Il entrait ses questions traduites en trous sur une carte perforée, et l’ordinateur lui rendait la réponse sur d’autres cartes perforées. Ce qu’il y lut le fit frémir…

http://t1.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcRg87v1pzU3BGJ4kBh9wlVAXmvU8vr4IOtcJY9c-RTjtwMe8BjbE7SO7d3h7wDefcon 1
Ludwig interpella Géo et l’entraina dans une pièce déserte du Coffre de Picsou.
« Géo, lui dit il, j’aimerais te faire part d’une découverte que j’ai faite. Grâce à l’ordinateur de Picsou, je suis parvenu à une conclusion étonnante à propos de ces aliens. »

Il n’eut pas le temps de continuer que Miss Frappe tapa à la porte et entra : « Monsieur Von Drake ? Le Président pour vous au téléphone. »http://t3.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcRJ4e6RMlwHjVMXJhZ0sCh1eNhRflyUhsecBdaeiHR6RiydOX9-
« Le Président ? Le Président de quoi ? » Demanda Ludwig.
« Le Président des États-Unis, monsieur. »
Ludwig ne manifesta aucune surprise, comme s’il s’y attendait. Il entra dans le bureau de Miss Frappe et prit la communication.
Le Président des États-Unis en personne demandait à l’illustre professeur Ludwig Von Drake de se rendre à Washington pour un entretien privé. Un hélicoptère de l’armée vint le chercher sur le toit du coffre de Picsou pour http://t3.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcT7H85wsmPrWHEnH9X54xBm5D2TXMJZSW0lEgZ8PRWMEz2GkzOJ_gl’emmener à l’aéroport de Donaldville où Air Force 1 avait été spécialement affrété pour lui.
Tout comme dans notre monde, Air Force One était l'indicatif d'appel du Boeing de l'armée de l'air des États-Unis destiné aux déplacements du Président des États-Unis. Comme il s’agissait d’un modèle très sophistiqué, Le trajet entre la côte ouest et la côte est ne prit que quelques heures, pendant lesquelles Ludwig répéta mentalement ce qu’il allait dire au chef des forces armées.
Ludwig fut introduit sans tarder dans le Bureau Ovale où l’attendait le http://t0.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcQzatJhEHsdhPDEtGplFvFm4aH06R-ZVCGQtRuqpzkLTA1ur4UuaAPrésident. Je ne peux vous dire grand-chose sur lui, je ne sais pas s’il avait son équivalent dans notre monde, ni s’il s’agissait d’un humain ou d’un animal anthropomorphe, car je ne le voyais pas quand j’ai assisté à cette scène depuis notre dimension, il me tournait le dos, et le siège de son fauteuil était trop haut et trop large pour que je puisse distinguer ne fut ce que le haut de sa tête ou ses mains.
« Monsieur le Président, dit Ludwig en entrant, c’est pour moi un immense honneur de… » Il était tellement intimidé qu’il ne trouvait pas ses mots.
« Asseyez vous donc, Professeur. » Lui répondit le Président.
http://t2.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcRTFOhzymqxsMMJMJmTEY4NPLirGsN2VCGLlw3DdziOSKa1iJEHLudwig prit place en face de lui, et le Président lui demanda : « Que pouvez vous me dire sur ces aliens qui sont apparus au Calisota ? »
« Je vous ai amené un mémorandum que j’ai voulu le plus complet possible. » Répondit Ludwig en sortant un dossier de sa serviette.
« La presse parle d’un spécimen qui se serait échappé d’un laboratoire, qu’en est il exactement ? »
« On a toutes les raisons de penser qu’il s’agit d’une forme de vie extraterrestre, Monsieur le Président. » Ludwig lui expliqua en détails tout ce qu’il savait à partir des témoignages des Rapetou, de Picsou et des personnes ayant été impliquées dans les manifestations d’aliens. Il lui montra aussi les photos des aliens, des œufs, des face-huggers et des http://t0.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcRMsdTFmzirE4E5bcvsoivkqTrmr9ZD1wCJftxCQLMSyBBE5Shz6gvictimes de ces créatures.
Il y eut un long moment de silence durant lesquels le Président examina ces documents, puis il demanda : « Où en est on exactement ? »
« Les aliens sont au moins deux pour l'instant, mais il est presque sûr qu'ils sont plus nombreux et qu'ils se manifesteront de plus en plus. Nous avons déjà une dizaine de morts, ce qui est sans précédent depuis le début de notre civilisation. La majorité des habitants ont été mis à l’abri par Balthazar Picsou dans son coffre, les autres ont tenu à rester chez eux à leurs risques et périls. Malheureusement, ces personnes entêtées deviendront tôt où tard les victimes des aliens, et ils seront soit tués soit fécondés par des facehuggers pour donner naissance à de nouvelles créatures. »
http://t0.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcSai2UZb8nVAzNp4ujV7kJfiXO7g7qQ5SaKnXQYsaUuw0yix8NI« À quel niveau estimez vous le danger, Professeur ? »
« Defcon 1, Monsieur le Président. »
« Defcon 1, ce n’est jamais arrivé dans toute l’histoire de notre pays ! » S’exclama le Président.
Dans l’univers des Duck comme dans le nôtre, Defcon était la contraction des termes DEFense et CONdition, désignant le niveau d'alerte militaire des forces armées des États-Unis. Il y avait cinq niveaux d‘alerte, Defcon 5 correspondait à une situation calme, mais plus le danger approchait, plus le chiffre diminuait, on était déjà arrivé à Defcon 2 dans les deux univers, cela n‘était arrivé qu‘une seule fois, au moment de la crise des missiles de Cuba en 1962. Defcon 1 correspondait à un état de guerre.http://t0.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcQ_WB7cTlwQn6x7eNqN0uAxFjmSK9cd3zlMb_gNVEnAgm3UWm7xDQ
Ludwig Von Drake était un personnage renommé dont l’opinion était importante auprès des grands de ce monde, même si son côté excentrique empêchait parfois de le prendre au sérieux. Néanmoins, dans cette crise sans précédent, on comptait sur lui, et s’il affirmait que la situation était de l’ordre de Defcon 1, on le croyait.
« Il n’y a pas que notre pays qui soit menacé, ajouta-t-il, au rythme où les aliens se développent, ils auront envahi le Calisota et la côte Ouest en quelques jours, ils se répandront à travers les États-Unis, l’Amérique du http://t3.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcSNJSrwYiZypyKGety1pF8yzMshoMpOv86Gdf6rott3Yb1tuI9lcANord et du Sud dans leur ensemble ne prendra guère plus. En considérant que la croissance de leur population est très vraisemblablement exponentielle, ils ne feront rapidement qu’une bouchée du reste du monde. Et plus nous attendrons, plus il sera difficile de s’en débarrasser. »
« Je vois, dit le Président, la situation est suffisamment critique pour être classée Defcon 1. Pensez vous avoir une solution ? »
« Je pense qu’avec l’aide de Géo Trouvetou, dont la réputation n’est plus à faire, nous en trouverons une, mais il faut nous laisser un peu de temps. »
« Je vous laisse 48 h, pas une de plus. Passé ce délai, j’ordonne l’évacuation de Donaldville et le lancement d’une bombe nucléaire. » http://t2.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcQsIlqltAl4r4FsMBUUOR3R3iceETveSFIpZ8M8XryeEeVkJxIVHQ
Ludwig prit un air résigné, et sans même chercher à protester, il répondit : « Bien Monsieur le Président. » Puis il se leva et prit congé.
Dans le Boeing 707-153 d’Air Force One, il resta enfermé dans ses pensées. Il avait refait ses calculs de nombreuses fois avant de se rendre à Washington, les résultats fournis par le NCR-Elliott 803 étaient incontestables ; le danger était bien plus grand que ce qu’il paraissait, c’était cela qu’il avait eu envie de dire à Géo avant de partir, mais il s’était repris, il avait décidé de ne rien dire non plus au Président.
http://t2.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcSuotmzd3b0K-ZQTFRFdjHGe-JdFcnYXvPiXBBbn3Afip99Hpi8Ludwig avait réalisé que le danger que représentaient les aliens en eux-mêmes n’était rien à côté de ce que leur simple présence risquait de provoquer, leur structure atomique, originaire d’un univers étranger, était incompatible avec celle de la matière de cet univers, la trame de la réalité était menacée.
Au bout de quarante huit heure, si aucune solution n’avait été trouvée pour éliminer les aliens, le Président des États-Unis ordonnerait l’évacuation de Donaldville et le largage d’une bombe atomique sur la région. Certes, les aliens seraient éliminés, mais la matière dont-ils étaient constitués serait toujours là, sous forme de poussières et de débris.
Au début, cela serait imperceptible, mais peu à peu, les choses changeraient http://t0.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcQN5mV6qg_itJv2-5T9Vvvx_d5px28lvZ86CWkxznoSbWHjd8Xx3Adans l’univers des Duck. Progressivement, tout ce qui existait finirait par se désagréger, la présence de ces créatures immondes, issues d’un univers où la mort, la violence et la cruauté font partie intégrante des lois naturelles, transformerait, à terme, ses habitants en criminels. Non pas des criminels du type Rapetou ou Pat Hibulaire, mais des meurtriers, des assassins, des violeurs d’enfants. Les guerres se mettraient à faire des morts, les accidents de la vie se mettraient à tuer, à mutiler, à rendre infirme, ce qui était complètement inconnu dans cette réalité.
Il fallait trouver un moyen pour que les aliens soient expulsés de cette réalité, et ce n’était pas gagné.

http://t2.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcQAk-jFlZym_EaydO5AdKfq_apPlAez6jA55Ytyp3ClsDEuV9-WagDe retour à Donaldville, Ludwig rassembla la famille et annonça : « Mes amis, je n’ai pas de très bonnes nouvelles, le Président ne nous laisse que quarante huit heures pour trouver une solution au problème alien. Passé ce délai, Donaldville sera évacué et une bombe atomique sera larguée sur la ville. »
Cette nouvelle fut accueillie par un silence accablé.
« Comment va-t-on faire ? Demanda Picsou, je n’aurai jamais le temps d’évacuer mon argent. »
« Il est bien temps de penser à çà, le réprimanda Donald, tu ne changeras jamais ! »
« Je te sommes de te taire ! Lui intima Picsou, le bec large ouvert en sautant sur place, si tu continues, je t’enverrai chercher mon argent avec une brouette dans les décombres radioactifs ! »
« Calmons nous un peu, intervint Ludwig, j’ai longuement réfléchi, et je pense que le seul moyen efficace dont nous disposions pour combattre les aliens, c’est le Dissoutou. »
http://t0.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcR520GNUMc-WKL3rc_XZn0lnZM-BLA-DORHFmBgtTU4kUzzqBAY« Le Dissoutou ? » S’exclamèrent en chœur Donald, Picsou et les enfants.

    Géo Trouvetou avait créé le Dissoutou, le dissolvant universel, capable de dissoudre n'importe quoi mis à part le diamant. Ne comprenant pas le danger d'une telle invention, Picsou l'avait utilisé pour construire un puits minier. Il dut alors partir avec ses neveux dans les tréfonds de la planête avant que le liquide n'atteigne le centre de la Terre et ne le dissolve.  Géo avait enduit un parasol de poudre de diamant mélangée à de la colle avant de le recouvrir de Dissoutou, cet objet leur rendit de grands services durant cette aventure.

 

http://t0.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcTmyeiyA2a7bi2GyoinOS6K3Ws5MR7O-cidARbn9ZVRVGKwqNOZwAPlus tard, lors de sa première visite dans le coffre de Picsou, le cambrioleur mondialement célèbre Arpène Lucien vola un petit sac de poussière de diamant, une armure écossaise et le Dissoutou. Dans son atelier, il découvrit accidentellement, que ce liquide était un liquide qui avait la propriété de dissoudre absolument toutes les matières, à l'exception du diamant. Lucien Arpène trouva rapidement un moyen profitable d'utiliser ce produit. Il mélangea la poudre de diamant à de la colle et l’étala ensuite sur l’armure. Celle-ci devint donc une arme défensive fantastique, car tout ce qui rentrait en contact avec l'armure se retrouvait dissout (balles, acide, pan de mur, boulet de canon, automobile en http://t2.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcTfGK7R0hy_VXStH4MM1QiOhAVJsn5GGMH0jvzLpBQx_XPQip-Stwmarche...), mais elle lui permettait également de concrétiser ses plans. Il ne pouvait pas voler tout l'or dans le coffre de Picsou, mais il pouvait le dissoudre... L'important était que l'argent ne se trouvat plus dans le coffre.

L’armure absorbait aussi l’air comme une éponge, un défaut que Donald sut mettre à profit pour vaincre le cambrioleur. Piégé dans une pièce étanche enduite de diamant, Arpène Lucien s'évanouit d'asphyxie, on lui retira l'armure et elle fut expédiée dans l’espace attachée par des cordes enduites de diamants sur un vélo-soucoupe de Géo. Depuis ce jour, elle était toujours en orbite autour de la terre, surveillée de loin par Arpène Lucien, qui entendait bien la récupérer tôt ou tard.

« Écoutez moi avant de protester, répondit Ludwig, rien ne nous empêche de recouvrir d’autres armures de Dissoutou. »
« Je comprends ton idée, dit Géo, avec ces armures nous serions quasiment invulnérables, et nous pourrions éliminer beaucoup d’aliens, mais quarante huit heures seront-elles suffisantes ? »

« Et surtout, songea Ludwig, le Dissoutou parviendra-t-il a préserver la réalité en dissolvant les Aliens ? » Il en doutait, car le Dissoutou laissait toujours des résidus. Et ces résidus étaient autant une menace que les Aliens eux-mêmes. Il aurait fallu pouvoir transformer la structure de la matière dont ils étaient formés, mais ni Ludwig ni Géo n'étaient magiciens.

 

À suivre …

   

Épisode 1

 

Introduction - Table des matières


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