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4 septembre 2011 7 04 /09 /septembre /2011 09:27

amoclès était un très méchant roi qui opprimait son peuple. Il le chargeait de lourdes taxes qui faisaient mourir de faim les plus pauvres, et il imposait une loi de fer, en envoyant ses soldats réprimer la moindre velléité de révolte.
Damoclès était un tortionnaire, son nom était haï, mais nul n’osait le dire ouvertement, de peur d’être entendu et dénoncé, ce qui conduisait systématiquement en prison, et de la prison au gibet.
Du temps de Damoclès, le sang coulait comme une rivière, non seulement parce qu’il réprimait son peuple, mais aussi dans les guerres qu’il livrait constamment à ses voisins. Son ambition et sa ténacité étaient telles qu’il gagnait toutes les batailles. C’est pour cela qu’il était resté roi, et ne s’était pas fait chasser de son trône, comme de nombreux tyrans de son espèce. Grâce au butin que ses soldats ramenaient de ses campagnes, le pays était plus prospère qu’il ne l’avait jamais été.
Damoclès était cruel et orgueilleux, il n’éprouvait d’amour ni d’amitié pour personne, il ignorait la pitié et la compassion. Sans le savoir, il était un excellent serviteur de Satan, et Satan était satisfait de lui.
Un jour, Damoclès avait enfourché son meilleur destrier, et il était parti à la chasse dans la forêt. À un moment, il s’éloigna de ses rabatteurs, et il se retrouva seul sur un sentier qu’il ne connaissait pas. Il faisait avancer son cheval au pas, prudemment, ses armes à portée de mains, guettant la possible attaque d’un des fauves qui peuplaient les forêts en ce temps là, ou bien de bandits qui n’auraient pas hésité à le tuer, surtout s’ils le reconnaissaient. 
Soudain, une vieille femme surgit devant lui, comme si elle était apparue du néant. Damoclès sursauta en la voyant, puis il lui dit : « Écarte toi de mon chemin, la vieille, ou bien je te piétine avec mon cheval ! »
« Parle moi sur un autre ton ! Répliqua la vieille femme, sais-tu au moins qui je suis ? »
« Non, et je m’en fiche, répondit Damoclès, il n’est personne de plus important que moi, ici. »
« Tu te trompes ! Dit la vieille femme, je suis plus importante que toi ! »
Damoclès se mit à rire ; « Qui donc es tu, pour être plus importante que moi ? »
« Je suis la déesse Isis. » Déclara la vieille femme.
« Rien que cela ! » S’exclama Damoclès avec ironie. « Eh bien, si tu es vraiment la déesse Isis, prouve le, sinon, meurs ! » Ajouta-t-il en sortant son épée de son fourreau.
« Tu regretteras de m’avoir défiée ! » Dit la vieille femme, puis elle se mit à déclamer : « Épée ! Épée ! Obéis moi ! Épée ! Épée ! Va te tenir au dessus de la tête de ce méchant homme ! »
Alors l’épée fut arrachée de la prise de Damoclès, comme par une main invisible, et elle vint se tenir au dessus de sa tête, la pointe de la lame dirigée vers lui.
« Épée ! Épée ! » Continua la vieille femme. « Obéis moi ! Tu t’abattras sur ce méchant homme dès qu’il commettra la moindre mauvaise action ! » Une fois qu’elle eut dit ces mots, la vieille femme, ou plutôt la déesse Isis disparut comme une fumée dans le vent, et Damoclès se retrouva seul.
Pendant un moment, il crut avoir rêvé, mais quand il vit l’épée qui flottait au dessus de lui, il réalisa que tout cela était bien réel.
Il réalisa aussi que la vieille femme était vraiment la déesse Isis, et qu’il s’était mis, à cause de son arrogance, dans une situation délicate. Il avait compris que, tant qu’il ne commettait pas de mauvaise action, il ne risquait rien, et que l’épée ne bougerait pas.
À un moment, il pensa se faire forger un casque, ou de faire porter un bouclier au dessus de sa tête par ses hommes. Mais à peine eut il conçu ces pensées, que l’épée se mit à tournoyer autour de lui, lui faisant ainsi comprendre qu’elle pouvait le toucher à n’importe quel endroit du corps, pas seulement à la tête.
La seule solution était de se tenir tranquille, pour l‘instant. Il ne pouvait même plus reprendre ses fonctions de roi, car presque tout ce qu’il faisait, quasiment chacune de ses actions, en tant que chef d’état, était une mauvaise action.
Il décida de retourner à son palais. Sur la route, il trouva un village à feu et à sang, où ses soldats étaient en train de se livrer au pillage, ils violaient les femmes et battaient les hommes, pour les punir de ne pas avoir payé les taxes réclamées par Damoclès.
Damoclès leva la tête, et il vit l’épée frémir de manière menaçante. Pris de panique, il frappa sa monture des talons et courut auprès du capitaine de la troupe. En le reconnaissant, le capitaine fut troublé, et il s’agenouilla devant lui.
« Relève toi, imbécile ! » S’écria Damoclès. « Et rappelle tes hommes immédiatement ! » Le capitaine hésita. « Fais ce que je te dis ! » Ajouta Damoclès avec irritation.
Le capitaine balbutia des excuses, et il souffla dans sa corne de bélier pour rappeler ses hommes, qui cessèrent aussitôt leurs exactions pour se rassembler autour de leur chef.  En reconnaissant Damoclès, ils eurent, eux aussi, le réflexe de s’agenouiller, mais leur capitaine leur fit signe de rester debout. Ils étaient tous intrigués par l’épée qui flottait surnaturellement au dessus de la tête  du roi, mais aucun n’osa le questionner à ce sujet.
Damoclès s’adressa à eux : « Transmettez cet ordre à toute l’armée : il est désormais interdit de piller ou de maltraiter qui que ce soit ! »                                        
Les soldats se regardèrent les uns les autres avec étonnement, quant à Damoclès, il eut la bonne surprise de voir l’épée s’éloigner de lui, tout en restant à proximité. Mais au moins, elle n’était plus au dessus de lui.
Il venait d’accomplir une bonne action, et il comprit qu’une bonne action éloignait l’épée. Il lui suffisait d’accomplir d’autres bonnes actions pour qu’elle s’éloigne encore plus.
De retour à son palais, il édicta des lois et des décrets, pour que les victimes de ses rafles soient dédommagées, pour que les veuves perçoivent une pension, pour que les salaires soient augmentés, de manière à ce que chacun put vivre décemment, et il baissa considérablement les taxes. Il entreprit beaucoup d‘autres réformes qui rendirent l‘existence de la population plus agréable.
Ainsi, à force d‘accomplir de bonnes actions, Damoclès vit l’épée s’éloigner de plus en plus, au point que, parfois, il ne la voyait plus. Mais dès qu’il avait la moindre tentation de commettre une mauvaise action, l’épée se rapprochait. Mais elle s’éloignait à nouveau dès qu’il accomplissait une nouvelle bonne action.
Bientôt, le royaume de Damoclès, de l’enfer qu’il avait été, devint un pays où il faisait bon vivre, et où régnaient la paix et la justice. Non pas grâce à la bonté de Damoclès, qui n’avait que très peu de bonté en lui, mais à sa peur de mourir.
A la fin, Damoclès eut la réputation d’un grand souverain juste et plein de sagesse, et il était respecté de tous, dans son propre pays comme à l‘étranger. Après tout, ce n’était pas déplaisant.
Ainsi vécut Damoclès, que les circonstances avaient obligé à être bon, alors qu’au fond de son cœur il était méchant.

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