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30 juillet 2011 6 30 /07 /juillet /2011 20:32

http://t3.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcTVKd9V-NDvzmD89iSnzYuHEfeX3oKTHA6qE6XSKM5JPyDg1DCcLe Cheikh Jacob traversait le désert pour retourner en Canaan, où il s’apprêtait à livrer bataille contre son frère, le roi Esaü. Il venait de razzier les hittites en Anatolie, pour financer son expédition d’une part, mais aussi pour offrir les prisonniers en sacrifice à El, le Dieu des Montagnes de Canaan, afin qu’il l’assiste dans son entreprise.
Alors qu’il suivait la piste des caravanes avec sa troupe, il aperçut un camps dressé non loin sur la colline. Il y avait de nombreuses tentes, et l’une d’elles était plus grande que les autres, brodée d’or et d’argent, avec des soldats armés devant l’entrée. Ceux-ci les regardaient de loin avec méfiance.
Les hommes de Jacob étaient plus nombreux, et il se dit que c’était là l’occasion d’une autre razzia, puisque le seigneur qui voyageait ainsi escorté semblait riche. Un complément de butin était toujours le bienvenu.
Jacob donna des ordres, et ils passèrent à l’attaque. Les soldats du camps se tenaient prêts, et ils décimèrent les hommes de Jacob au fur et à mesure qu’ils avançaient. Les hommes de Jacob étaient totalement impuissants face à eux, ces soldats avaient une force phénoménale, ils maniaient de lourdes épées et hallebardes avec une aisance déconcertante, et leurs épées se brisaient sur leurs cuirasses dorées. Aussi, aucun de ces soldats surnaturels ne fut tué durant ce bref combat. Par contre, les hommes de Jacob étaient tombés par dizaines.
Jacob réalisa qu’il ne s’agissait pas d’êtres humains mais d’anges, et il prit peur. Il comprit que ce camps était celui de Dieu.
« C’est le camp de Dieu !  s’écria-t-il, fuyez ! Fuyez si vous tenez à la vie ! »http://t2.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcSrXKypJ-AMwHmq3wd7SEwZgj5pWLoZtrtF1YOj9AuAW0jzCNkj0g
Ses hommes se replièrent sans contester son ordre, trop heureux d’échapper à une mort certaine. Les soldats du camp adverse ne les poursuivirent pas, ils se contentaient de rester aux abords du camp, l’arme dégainée, prêts à reprendre le combat s’il le fallait.
Derrière eux, surplombant les autres tentes, celle de leur seigneur, le Dieu El, qui n’était pas intervenu une seul fois pendant l’échauffourée. Jacob tourna sa face dans sa direction, et il cria : « El ! Je sais que tu es là ! Pourquoi te cacher comme un pleutre et laisser tes soldats combattre à ta place ? Viens donc m’affronter face à face cette nuit au bord du fleuve Yaboq ! »
Les hommes de Jacob furent pétrifiés de terreur en l’entendant parler ainsi. « Cheikh ! Lui dirent ils, êtes vous devenu fou ? On ne parle pas ainsi à un dieu, El va vous tuer ! ». « Qu’il essaie donc ! »rétorqua Jacob, je n’ai pas peur de lui ! »
Le soir venu, il ordonna à ses hommes d’emmener sa famille à l’abri sur l’autre rive du Yaboq et de le laisser seul. A contre cœur, ils obéirent, mais certains se cachèrent dans les fourrés alentours pour observer ce qui allait se passer. Une fois que les autres furent partis, Jacob s’assit en face du feu, tenant son épée d’une main et son bouclier de l’autre.
Il attendit longtemps, mais pas une seconde son attention ne se relâcha, tel un fauve qui guettait sa proie.
Soudain, il entendit une branche craquer, il sauta sur ses pieds en se retournant, un instant passa, une seconde, deux secondes, puis un rugissement inhumain déchira le silence sur sa droite. Il eut à peine le temps de parer avec son bouclier qu’une lourde hache s’abattit sur lui. Elle découpa le cuir juste à la limite de son bras. Il jeta le bouclier sur le côté et enroula son manteau autour son poignet comme protection de fortune. dieuDevant lui, se dressait un terrible guerrier qui le dépassait de trois têtes, ses épaules étaient trois fois plus larges que les siennes, ses bras et ses jambes étaient tels des colonnes de bronze velu, quant à sa tête, elle était effrayante, il avait une crinière de cheveux et de barbe noirs hirsutes qui lui entouraient le visage, dont les traits rudes étaient déformés par la rage, il était vêtu de peaux de bêtes, une toison noire débordant de sa poitrine, et il maniait une lourde hache haute comme un homme. Il ressemblait à une bête sauvage, écumante de rage.
D’une voix insoutenable, il s’adressa à Jacob : « Tu es celui qui m’a défié ? » « C’est moi ! » répondit hardiment Jacob. « Tu vas mourir pour ton insolence ! » vociféra le géant en se précipitant sur lui. Jacob esquiva habilement la charge et il lui fit un croche-pied qui le fit s’écrouler comme une masse sur le sol. El se releva rapidement et bondit à nouveau sur Jacob qui esquiva une fois de plus et lui donna un coup d’épée dans le flanc. El poussa un hurlement insupportable qui faillit le faire s’évanouir. Mais il tint bon et frappa le géant une seconde fois dans le gras du ventre.
Dégoulinant de sang, de bave et de sueur, le Dieu des Montagnes se déchaina et se mit à frapper aveuglément Jacob qui parait et esquivait à chaque fois, et de temps en temps lui infligeait une nouvelle blessure qui redoublait la fureur du dieu. Quant à lui, il ne subit aucune blessure, sa petite taille lui donnait plus d’agilité.
Le combat dura toute la nuit, et au petit matin, El montrait des signes d’épuisement, tandis que Jacob se sentait encore dispos. Essoufflé, crachant des caillots de sang, le dieu dit à Jacob : « Bon, tu as gagné. Tu es très fort, tuguerrier.jpg es très courageux, tu es un grand guerrier. Je respecte çà. Demande moi ce que tu veux, et je te l’accorderai. »
« Je veux devenir roi à la place de mon frère Esaü. » Lui dit Jacob.
« Accordé ! » Répondit El en lui tapant dans la main.

Les hommes de Jacob, qui, cachés non loin, avaient assisté à toute la scène, éprouvèrent dès lors un infini respect pour leur Cheikh, et ils racontèrent ce qu’ils avaient vu à tous les hommes du rezzou. Il n’avait pas eu peur de Dieu, il l’avait même affronté en combat singulier et s’était montré fort. On se mit à l’appeler Israël, ce qui signifie « fort contre Dieu ».
Quand il eut traversé le Yaboq et les eut rejoints, il fut acclamé en héros. Jamais, en vérité, n’avait on vu si grand héros qui osa affronter Dieu en personne.
Jacob-Israël et ses hommes marchèrent sans crainte contre Esaü et ses armées. El avait armé leurs bras et leur donna la victoire promptement. Le combat fut bref, à la fin, Esaü en personne vint au devant de Jacob. Il mit un genou à terre pour déposer son épée à ses pieds, et il se releva. La tête haute, il toisait son frère avec colère et mépris. « S’il te reste un peu d’honneur, lui dit il, donne moi la mort. » Jacob ramassa l’épée d’Esaü et la lui rendit. « Je refuse de tuer mon propre frère, répondit il, va-t-en avec ceux qui voudront te suivre, et ne reviens plus dans ce pays. » « J’y reviendrai ! Rétorqua Esaütouareg.jpg en rengainant son épée, et ce n’est pas toi ni ton dieu qui m’en empêcheront ! » Puis il tourna les talons et s’éloigna. Beaucoup d’hommes le suivirent, car il avait été un bon roi, estimé de ses sujets, et ils partirent dans le désert.
A plusieurs reprises, Esaü tenta de revenir en Canaan, mais les armées de Jacob gardaient les frontières et le repoussèrent à chaque tentative.

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