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6 août 2011 6 06 /08 /août /2011 07:18

Cela faisait plusieurs jours que Joseph marchait dans le désert, épuisé, affamé, déshydraté. S’il ne rencontrait bientôt personne pour le secourir, il était sûr qu’il allait mourir. Il revenait d’un long voyage, il rentrait chez luihttp://img705.imageshack.us/img705/5294/violencejericho.jpg en diligence avec d’autres passagers, quand ils furent attaqués par une bande de desperados. Ceux-ci avaient massacré et pillé les voyageurs avant de s’emparer de la diligence et de partir Dieu-sait-où.
Joseph avait été miraculeusement épargné, occupés que ces criminels étaient à violer les femmes et se disputer le butin. L’un des bandits lui avait donné un coup de crosse sur la tempe, et il gisait à terre, assommé.
Quand il reprit conscience, il se vit entouré de cadavres et de vêtements éparpillés, mais il ne perdit pas courage. Il vérifia s’il n’y avait pas de survivants, et il se résigna à donner une sépulture de fortune aux morts en les recouvrant de pierres. Puis il se mit en route, sans savoir où il allait.
Il n’avait pas compté le nombre de fois où il avait vu le soleil se coucher, mais çà faisait longtemps qu’il marchait. Trop longtemps. Il sentit le découragement le gagner, et il tomba à genoux. Il leva le visage vers le ciel http://t3.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcQwM1DF_u4fc_02hBjeZ369K7fgyycIeWfqagTF9zOYGilOkuI2et s’écria : « Ô Dieu, aide moi ! » avant de perdre connaissance.


Quand il reprit connaissance, il était attaché à un brancard trainé par un cheval. En tendant le cou, il aperçut un indien à cheval à côté de lui, qui semblait l’ignorer. De l’autre côté, un autre indien, qui ne faisait pas plus attention à lui, même quand il l’interpella.
Il se résigna à attendre la suite des évènements en silence. Qu’allait il lui arriver ? Les hommes qui l’avaient lié sur ce brancard n’avaient sûrement pas de mauvaises intentions, ils lui avaient porté secours quand ils l'avaient trouvé inanimé dans le désert, il aurait été étonnant que ce fut pour lui faire du mal. On allait voir. Il remit paisiblement son sort entre les mains de Dieu, et s’endormit, bercé par le pas du cheval qui le trainait sur le chemin.

Il fut bientôt réveillé par des secousses ; ils avaient emprunté un chemin pierreux, inconfortable pour lui, autant que pour les chevaux qui manquaient de tomber à chaque indiens-blsse.jpgpas.
En tendant le cou, il vit qu’ils passaient sous une grande arche de pierre, soutenue par deux grandes colonnes naturelles de granit.
Une fois qu’ils furent parvenus de l’autre côté de l’arche, ils s’arrêtèrent, et un des indiens vint délier Joseph du brancard, il lui offrit de l’eau à une gourde de peau qu’il but avidement à grande gorgées. Puis l’indien lui demanda : « arriveras-tu à marcher ? »
« Je pense que oui. » répondit Joseph. L’indien l’aida à se relever, et en le soutenant par le bras, lui dit : « Je m’appelle Pacuméni, je suis le chef du peuple de Zarahemla. Et toi, qui es tu ? »

joseph

« Je m’appelle Joseph, je suis pasteur, et je voyage beaucoup pour secourir ceux qui ont besoin de moi. » Répondit Joseph.
« Eh bien, Joseph, je te souhaite la bienvenue à Zarahemla. » Lui dit l’indien en le faisant se retourner. À ses pieds s’étendait une vallée enclavée par de grandes falaises percées de centaines, voire de milliers de trous carrés, dont chacun représentait une habitation. Chaque demeure était reliée aux autres par un réseau d’échelles qui quadrillaient les falaises.
Il se trouvait dans un pays de troglodytes, qui vivaient dans des grottes, certaines naturelles, d’autres creusées de mains d’homme, aménagées avec goût et adresse pour en faire des endroits agréables à vivre. Joseph avait déjà entendu parler d’indiens qui vivaient ainsi, mais il n’en avait encore jamais vu, et il ne soupçonnait même pas qu’il y en ait eu dans la région.http://t2.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcQzmrMLMhwIerKoF3lTbZP3jHqs_zIMr7BRxAi1JlTGLoA-vg_A
L’endroit grouillait de vie, il y avait un va-et-vient incessant d’hommes, de femmes, d’enfants qui vaquaient à leurs occupations, en empruntant habilement les échelles, parfois sautant de l’une à l’autre comme des écureuils.
Au sol, il y avait presque autant d’échoppes de marchands et de lieux de distraction que d’habitations, la foule circulait des uns aux autres, et des saltimbanques se produisaient çà et là. En approchant, Joseph perçut le brouhaha des milliers de voix, des cris d’animaux et des musiques de troubadours.
http://t1.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcQjth6_k92XjBZak6IoKK_sDqyeNxY63KDmW3OBXOZ7mAQykxX5L’intérieur de la vallée était occupé par des cultures et des troupeaux qui s’étendaient à perte de vue. Il y avait aussi une rivière qui regorgeait sans doute de poissons et des bois qui regorgeaient de gibier.
Ces gens avaient manifestement les capacités de vivre en autarcie, et même de vivre confortablement. De plus, le climat semblait serein, Pacuméni expliqua à Joseph que les conditions météorologiques dans cette vallée étaient sensiblement les mêmes à longueur d’année, épargnant les habitants une chaleur et un froid excessifs.
Quand il approcha des falaises et des habitations, avec Pacuméni et les deux hommes qui l’avaient trouvé dans le désert, un attroupement se forma autour d’eux que Pacuméni dissipa d’un geste autoritaire, et il emmena Joseph chez lui, en lui faisant emprunter les échelles, dans une des http://t0.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcTyQgpfUriwXlR_wj6uT1QP_RM_XzghKFPF0DrY7ULl_HHvFzP0habitations creusées dans la falaise, à cinq ou six niveaux du sol. C’était assez vertigineux, mais il semblait à Joseph qu’il s’habituerait bien vite s’il devait vivre dans un tel endroit.

Le peuple qui y résidait était si nombreux qu’on ne pouvait plus parler de tribu, et l’ensemble de leurs habitations était au moins aussi important que celui d’une ville américaine moyenne. « Comment un groupe humain aussi important avait il pu échapper à l’attention du monde moderne ? » Se demandait il. Comme s’il avait deviné ses pensées, Pacuméni lui dit :
« Zarahemla existe depuis des siècles, jusqu’à maintenant, personne, parmi les hommes blancs, ne l’a jamais trouvée. Mais avec la civilisation en marche, nous craignons d’être trouvés un jour, et ce serait notre fin. Aussi, dans quelques jours, nous détruirons Jakin et Boaz. »
« Que sont Jakin et Boaz ? » Demanda Joseph, qui, en tant que pasteur, http://t1.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcQiVBx_f288EdQmU_X8VrEjgPjup_psIBsqlfPD3wC8h8gcGJoXsavait que c’étaient les noms des colonnes du Temple de Salomon.
« Ce sont les deux colonnes de pierre que tu as vues, à l’entrée de Zarahemla, elles soutiennent l’arche qui se tient au dessus du passage. »
« En détruisant ce passage, vous allez isoler Zarahemla à jamais du reste du monde ? » Demanda Joseph.
« Oui, répondit Pacuméni, et nous comptons sur toi pour ne jamais révéler notre existence à quiconque. »
« J’en fais le serment ! » Déclara Joseph.
Pacuméni lui fit visiter la cité, qui recélait nombre d’endroits étonnants, il lui présenta aussi nombre de personnages, des dirigeants, des juristes, des savants, des artistes... Pacuméni lui expliqua que Zarahemla était tout ce qui restait de la civilisation florissante qui prospérait dans ce pays, plusieurs siècles auparavant, avant l’arrivée de l’homme blanc, et qu’il tenait à la préserver le plus longtemps possible de la corruption.
Zarahemla avait été fondée il y a très longtemps par un peuple venu d’un pays lointain par delà l’océan. Ce peuple était appelé Néphite, en honneur de leur http://t1.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcSCm1TxtxlhlEjqnHTtiJ9dI3SQ50O_jYDK4eepagt_xWVLAzfiYgancêtre Néphi, qui avait débarqué avec les siens sur ce continent. Celui-ci avait un frère appelé Laman, qui fut l’ancêtre des Lamanites, le peuple rival des Néphites pendant des générations, et ils ne cessèrent de se faire la guerre. Mais avec l’arrivée de l’homme blanc, Néphites et Lamanites décidèrent de faire la paix, et ils se réfugièrent dans cette cité difficilement accessible, et qui bientôt serait inaccessible.
Durant son séjour à Zarahemla, Joseph eut l’occasion de vivre une expérience humaine hors du commun. Il se fit des amis, avec qui il passa des moments inoubliables, ils lui apprirent leur langue, que, grâce à son intelligence, il assimila rapidement et suffisamment pour avoir des conversations passionnantes sur divers sujets ; scientifiques, philosophiques, religieux, littéraires, artistique etc. Il fut très apprécié en retour pour son caractère agréable, sa bonté et son esprit vif.

Joseph se plaisait beaucoup en ces lieux. S'il n'avait eu une famille, une épouse, des enfants et des paroissiens qui comptaient sur lui, il aurait bien demandé à Pacuméni de l'autoriser à rester, et celui-ci n'aurait sans doute pas refusé.
Cela aurait pu durer indéfiniment, mais vint le jour où il lui fallut partir, les indiens étaient déjà en train de disposer des explosifs aux pieds des colonnes Jakin et Boaz, qui soutenaient le seul passage menant à Zarahemla.http://t2.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcQgSyaka425gVBn8kaHixcZdrb-WB1qN0aOCL7uzlb2l2ljB0bR
Joseph fit ses adieux à ses nouveaux amis, qu’il ne reverrait, hélas, jamais. Il fit ses adieux à Pacuméni, qu’il prit dans ses bras et embrassa sur les joues en pleurant. Cela lui pesait vraiment de quitter Zarahemla et ses habitants, mais il le fallait. Il avait de grandes responsabilités qui l’attendaient chez lui, il ne pouvait les abandonner pour son bien-être personnel.
Il enfourcha son cheval et partit au trot sans se retourner, il avait peur d’éclater en sanglots s’il le faisait. En arrivant aux abords de l’arche, il ralentit le pas, à cause des cailloux qui gênaient le cheval, et risquaient de le faire chuter.
Une fois qu’il fut passé de l’autre côté, et qu’il fut parvenu à un endroit http://t3.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcSUjm_ejICdM8pWefMzhgS17nTs-kgrLpJEGldEE8wsZV9mqy2cmoins caillouteux du chemin, il se retourna pour contempler une dernière fois l’arche de pierre flanquée de ses deux colonnes, Jakin et Boaz.
Joseph prononça une bénédiction pour le peuple de Zarahemla, puis une explosion, suivie aussitôt d’une deuxième secouèrent le sol. Un nuage de poussière monta lentement pendant que Jakin et Boaz s’effondraient avec l’arche, qu’elles soutenaient depuis la nuit des temps.
Quand le silence fut revenu, que la poussière se fut dissipée, l’arche et les http://t3.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcRsmL5TS-KvFtzzqmbw-hHA0GnxtuMrYOzwTatHhUgcoSHNQOHe4gcolonnes avaient disparu, le seul passage menant à Zarahemla était définitivement fermé au reste du monde.
Joseph vérifia que la carabine que lui avait donné Pacuméni était à portée de main, sur la selle à côté de sa cuisse ; la région grouillait de desperados. Il frappa les flancs de sa monture des talons et repartit au trot, en direction de chez lui, où l’attendaient les siens : sa famille, ses paroissiens et ses amis. Ils constituaient sa Zarahemla personnelle.

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Published by Dove - dans Fantastique
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