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20 août 2011 6 20 /08 /août /2011 22:35


césarAu premier jour de l’an 200 000 après l’ère glaciaire, César régnait sur Babylone. En ce jour, César, l’immortel César, Empereur de toutes les Babylones, parlait ainsi à ses gens : « Les mages ont lu dans les étoiles qu’un danger menaçait mon règne ; ce sont les poètes et les artistes, ce sont les penseurs et les philosophes, ce sont toutes sortes de renégats sans maître ni dieu qui sèment le chaos. Pourchassez les, jetez les dans mes cachots, qu’ils soient traqués, ne leur laissez aucun répit ! »
Dés lors, il fit toujours nuit à Babylone.
Tous se souviennent de cette nuit de l’an 200 000, http://t2.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcQq2nxRx7bX7iLoOOfGO9sTANDxEupx9C37KH6W5aJXyTlNAP06nombre de gens furent arrêtés et jetés dans les prisons ; poètes, artistes, penseurs, philosophes et renégats de toutes conditions, rebelles à la loi de César. Il fallait garder le silence, il fallait se cacher, et parfois, même, il fallait fuir. Fuir où ? Malheur à l’ennemi de César, car il n’est nul abri pour lui en ce monde !
http://t3.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcRB0pRcUTxjbbFmOEyr-ByeThWdiLxLmXlYmvaRakRQNxWav4CHSgUn jour, un esclave d’entre les esclaves se leva, un jour vint Spartacus, et il parlait aux gens de Babylone : il disait que César était un tyran, il disait qu’il fallait détruire Babylone, il disait qu’il fallait incendier ses maisons, il disait qu’il fallait tout reconstruire, il disait qu’il fallait tout recommencer.
Alors les gens de Babylone furent troublés, et ils se demandèrent s’il était juste de faire cela. Mais à la fin, il leur avait si bien parlé, que d’une seule main il les a soulevés. Un par un, les gens de Babylone se rallièrent à la cause de Spartacus. Un par un, ils réclamèrent la tête de César. Tous, ils écoutèrent Spartacus dire : « tremble César, tremble ! Car déjà la terre tremble sous nos pas. Tremble, César, nos poings levés crient vengeance ! Vengeance pour nos morts, vengeance pour ceux qui vivent encore ! Vengeance pour nos femmes que tu as baisées, vengeance pour les bâtards qu’elles ont donnés ! Nous te chasserons de nos mémoires, nous brûlerons tous tes livres, nous saccagerons tes musées, nous élèverons notre bétail dans tes palais, nous ripaillerons dans tes temples ! »
Portant le feu, portant le fer, brandissant la toile des bannières, une fois dehttp://t0.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcSoXwOb1nTUWd6b1-u0UbzL9BXDr_PsifQrM8qH-_89fBtH_RoZ plus dans l’Histoire un peuple révolté marchait dans les rues, guidé par Spartacus, grossissant ses rangs à chaque carrefour, d’un seul pas, se dirigeant vers le palais impérial pour jeter César au pied de son trône.
Le cliquetis des armes sonnait le glas du pouvoir, on brisa portes et fenêtres, on tua, on pilla, on incendia, et César tomba. Il tomba, l’immortel César, il fut lapidé et jeté dans ses propres cachots. Spartacus fut porté en triomphe dans les rues de Babylone, et sur son passage, le peuple l’acclamait.
http://t2.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcRbdOT_s8TSbSg4D6qcsLpFFmvjVh7oUjeJlem6OiEnU6ZWjIMGUne longue fête s’ensuivit, de danses, de chants et de vin la nuit fut remplie. Mais au lendemain de l’ivresse, on se demanda par quoi il fallait commencer. Les plus ambitieux voulaient commander, le reste voulait obéir, les uns et les autres s’attachaient des partisans et devenaient ennemis.
On assista à d’innombrables massacres dans les mois qui suivirent la chute de César. Par cent et par mille on compta les morts, à cette époque, vint le règne de la famine et de la maladie.
On commençait à se tourner vers Spartacus, de sombres murmures grondaient contre lui ; on le montrait du doigt et on lui disait : « c’est toi qui nous a amenés là. » « C’est vous qui m’avez suivi. » Répondait il.
Des voix s’élevèrent bientôt pour crier : « à mort Spartacus ! » Spartacushttp://t3.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcRdy8s3j8232ec1itzpCGKtEU8mrrU3-0B6rZQhC0ufgxcUewcGAg voulut s’enfuir, mais il se fit enchaîner et on l’exposa sur la place, aux regards de tous. César fut libéré et ovationné par la foule, qui implorait son pardon d’un ton larmoyant. César dit alors : « je serai clément. »
Spartacus s’écria : « sois maudit, César ! Je reviendrai, même si nous devons nous http://t3.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcSB9FMcPEcPbQT9rRuQIItIUPozDyA0I-ylOUM6CZuScVENmAAJcombattre mille fois, même si mille fois tu dois me vaincre, à la mille et unième c’est moi qui te vaincrai ! »
César lui tourna le dos et s’éloigna. Spartacus fut traîné par des crocs tout au fond d’un cachot où il mourut. Quelques années plus tard, César mourut à son tour et son fils lui succéda. Tandis qu’un nouveau César régnait, un nouveau Spartacus se leva, quelque part dans les faubourgs de Babylone.

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