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1 décembre 2016 4 01 /12 /décembre /2016 12:40

Cuba - La Havane

 


Un terrible incendie s’était déclaré dans ancien hôtel colonial, les pompiers avaient réussi à en sortir tous les habitants, mais ils ignoraient que la petite Juanita était coincée dans les combles, où elle s’était cachée pour jouer.
Terrorisée, la pauvre enfant hurlait et sanglotait sans que personne ne l’entende, les flammes l’entouraient et elle commençait à suffoquer.
Soudain, un homme habillé de blanc sortit du feu, lui sourit et la prit dans ses bras. Il lui dit quelques mots rassurants à l’oreille d’une voix douce, elle se blottit contre sa poitrine et ensemble, ils traversèrent la barrière de flammes sans se brûler.
Ils se retrouvèrent tous les deux dans une rue sombre, à quelques pas du bâtiment en flammes, l’étranger posa la petite fille par terre, lui fit un signe amical et s’envola dans le ciel comme un ange.

 


L'arrêt de  mort


Morillon monta dignement les marches de l’échafaud, d’un pas tranquille et assuré, se tenant droit, un léger sourire aux lèvres. Quant à Ménuin qui ne tenait pas debout, il dut être trainé comme un sac de patates.
Arrivés sur l’estrade, il se retrouvèrent face à un officier galitien en uniforme d’apparat, c’était un homme noir ressemblant à un africain, ses traits étaient durs et son expression sévère. Il sortit un papier de sa poche, le déplia et leur fit lecture de leur arrêt de mort à voix haute :
"Etienne Morillon, connu sous le nom d’Isar, ex gouverneur général de la Terre et Grégoire Morillon, journaliste, vous avez été condamnés à la peine de mort pour sédition et haute trahison. Que justice soit rendue !"
Puis il replia le papier, le remit dans sa poche et fit signe au bourreau de commencer.

 

 

Aux environs de Moscou

 


Alexeï venait d’avoir un terrible accident de voiture sur une route de campagne. Un chauffard lui était rentré dedans et avait été tué sur le coup. Lui, était simplement étourdi, en reprenant conscience, il s’aperçut que sa voiture était en feu. Il détacha sa ceinture et voulut sortir, mais la portière était bloquée. Il frappa la vite de ses poings sans parvenir à la briser.
Soudain, tout s’immobilisa autour de lui, les flammes se figèrent, un homme en combinaison blanche s’approcha de son véhicule qui arracha la portière d’une main, sans plus d’effort que si elle eut été en papier, et aida Alexeï à descendre.
Ils s’éloignèrent de la voiture tandis que le temps reprenait son cours. La voiture explosa dans un vacarme assourdissant et quand Alexeï se retourna pour remercier l’étranger, celui-ci avait disparu.

 

 

Les Séraphim


Le bourreau s'approcha lentement de Morillon, qui l’attendait avec un sourire confiant, et au moment où il allait poser la main sur lui, une lueur aveuglante envahit l'ensemble de la scène, puissante au point d‘estomper la lumière du jour. On aurait dit l’éclair d’une explosion atomique, d'ailleurs, ce fut ce que tout le monde crut sur le moment.
La lumière baissa d’intensité, alors tous purent voir une immense soucoupe volante descendre du ciel et s’arrêter au dessus de la foule. Elle ressemblait aux fausses soucoupes des galitiens, mais elle  mais elle était bien plus grande et bien plus imposante que toutes celles qu'ils avaient construites pour duper les terriens.

 


Cette apparition provoqua la terreur et un irrépressible mouvement de  panique qui, heureusement, ne dura pas, car l’immense soucoupe volante avait émis un agréable murmure qui calma instantanément la foule.
Du haut de sa tribune, Ochonios s’écria :
"Quelle est cette plaisanterie ?"
Malgré sa nausée, Ménuin retrouva ses esprits et jeta un regard interrogateur à Morillon, dont le visage était illuminé d’un sourire extatique.
Une ouverture se forma dans la coque de la soucoupe et un homme à l’aspect étrange en sortit : grand, svelte, un visage allongé, les yeux d’un bleu intense et de longs cheveux blonds lui tombant dans le dos.
Il était vêtu d’une combinaison blanche, avec le symbole Isarien sur la poitrine :  l'étoile de David insérée dans un triangle.

 


Le nouveau venu, qui flottait debout dans l’air, descendit doucement devant Morillon, dont les liens tombèrent tout seuls de ses mains. Puis l'étranger le prit dans ses bras en lui disant :
"Isar, mon ami, mon frère ! Qu’il est bon de te revoir !"
"Eluel, mon frère !" répondit Morillon en l’étreignant.

 


Il y eut un grand silence - les yeux se tournèrent vers Ochonios, appuyé sur la rambarde de sa tribune. Observant la scène d’un air incrédule, il attrapa l’archaïque micro installé devant lui et s'écria :
"J’exige des explications, qui êtes vous ?"
L'étranger vêtu de blanc se remit à flotter dans l’air jusqu'à sa hauteur et lui répondit :
"Nous sommes les Séraphim, nous venons d’un monde situé dans le Petit Nuage de Magellan, notre civilisation est très ancienne, plus ancienne que la vôtre même. Il y a de cela des éons, nous avons ensemencé cette galaxie, nous avons terra-formé ce monde ainsi que le vôtre et tous ceux que vous avez colonisés, nous y avons apporté la vie ; les animaux, les plantes, et vous, les hommes, que nous avons créés en laboratoire à notre image.
Vous êtes tous nos enfants, cela est une vérité que nous avions chargé le Saint Prophète Isar de révéler à ses semblables. Nous avions promis de revenir un jour et d’amener l’âge d’or sur la terre. Normalement, nous aurions du attendre encore un peu, mais nous avons reçu des messages télépathiques de détresse nous disant que la terre étaient aux mains d’imposteurs se faisant passer pour nous. Nous sommes donc venus, et nous vous demandons de quitter ce monde."
"Quel culot !" protesta Ochonios, "je vais vous apprendre à vous moquer d’un prince de Galita !"
Il sortit un mousquet à plasma de sa ceinture et tira à bout portant sur l’étranger. La décharge qui aurait du le réduire en miettes, fut comme absorbée dans sa poitrine et ressortit par ses yeux, sous la forme de deux fins rayons incandescents visant l’arme d'Ochonios.

 


Ce dernier poussa un cri en lâchant son mousquet devenu brûlant. En se tenant le poignet, il se mit à insulter l'étranger impassible qui se tourna vers la foule et déclara :
"Peuples de la terre ! Pendant des années, notre Envoyé, le Prophète Isar vous a annoncé notre venue, mais vous ne l’avez pas cru. Ensuite, sont venus ces imposteurs (il désigna Ochonios du doigt), ils se sont fait passer pour nous et ils ont utilisé Isar et son église pour vous envahir. Ici se termine le règne du mensonge, vous êtes désormais sous notre protection."
Ochonios lui cria :
"Pour qui vous prenez vous ? Quittez immédiatement ce monde ou je lance mes troupes contre vous !"
En l'ignorant, Eluel leva la main, une lumière s’alluma au sommet de sa soucoupe volante et Ochonios, ainsi que tous les galitiens présents sur la terre, et leurs vaisseaux spatiaux se désintégrèrent, ou du moins le sembla-t-il. En réalité, ils furent téléportés sur le Galitana, toujours en train de dériver dans la ceinture d’astéroïdes.
À bord de l'immense vaisseau taillé dans la pierre, les lumières se rallumèrent, les moteurs, le système de gravité artificielle, le champ d’inertie se remirent à fonctionner.
Puis le Galitana s’ébranla et se mit en route de lui-même vers Galita, sans que personne à bord ne puisse en contrôler la course.
La terre était libérée des imposteurs, les véritables créateurs et sauveurs de l’humanité étaient là, enfin, après une longue attente qui avait commencé dans la plus lointaine préhistoire.

Un calme serein s'installa sur toute la terre, des cris de joie commençaient à jaillir dans la foule qui commençait à comprendre ce qui s'était passé, tandis que les notables terriens qui s'étaient tenus au côté des galitiens dans la tribune des gradins tentaient de fuir. Ils furent rattrapés par une foule courroucée qui s'apprêtait à les lyncher,  Morillon les interpella :

"Laissez ces gens tranquilles !" ordonna-t-il, "aujourd'hui est un jour de pardon, non de vengeance."

La foule relâcha les fuyards qui s'agenouillèrent devant lui en implorant son pardon et en le remerciant pour sa miséricorde.

Eluel hocha la tête en signe d'approbation, il vola comme un feu follet jusqu'à sa soucoupe, et avant de retourner à l'intérieur, il fit un signe de la main à Morillon qui le lui rendit.

Le vaisseau monta dans le ciel sans un bruit tandis que Ménuin le regardait le s'éloigner  :
"Donc, vous aviez toujours dit la vérité." dit il en matière de conclusion.
"Eh oui..." répondit laconiquement Morillon.
"Vous aviez pourtant laissé entendre que vous aviez menti."
"C’était un stratagème que nous avions mis au point, Spark et moi, afin d’endormir la méfiance des galitiens.
Nous avons uni nos efforts, avec une poignée de fidèles triés sur le volet, pour contacter nos amis par télépathie. Il fallait être discret, si les galitiens s’étaient aperçu de quelque chose, les choses auraient mal tourné. Heureusement qu'ils n'étaient pas doués de télépathie."
"Je dois avouer une chose, Morillon, enfin, Isar."
"Oui ?"
"Vous me trouez le cul !"
Il n’y avait pas que Ménuin à qui la tournure des choses "trouait le cul", la foule sur la place de l’Hôtel de Ville, la terre entière qui assistait à la retransmission de l’évènement avait aussi le "cul troué". C’était le plus grand "trouage de cul" de l’Histoire.
Isar prit Ménuin par l’épaule en riant et lui dit :
"Venez, Grégoire, vous m’avez bien soutenu durant ces épreuves, vous resterez à mes côtés, si vous le voulez bien ?"
"Ma foi," répondit Ménuin, "je crois que le monde n’aura plus tellement besoin de journalistes, maintenant."
"Au contraire, nous allons en avoir besoin plus que jamais, pour parler aux gens, pour les rassurer et leur redonner confiance après tous ces mensonges. Il faudra leur faire comprendre que le véritable Âge d’Or est arrivé."
Ménuin contemplait le visage de Morillon et il se prit à sourire, à sourire comme il n’avait jamais souri. Il se sentait intensément, incroyablement heureux. Il n’aurait jamais imaginé que l’on puisse se sentir aussi heureux.

 

FIN

 

<< Chapitre 5 - Sommaire >>

 

 

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