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23 octobre 2016 7 23 /10 /octobre /2016 08:04

Lentement, une silhouette monta au dessus des vagues, elle était aussi brillante que les flots qui l'entouraient, mais elle s'en distinguait par son immobilité. Quand elle émergea, elle eut d'abord l'aspect d'un rocher, puis celui d'une île et celui d'un continent avant de se redresser, révélant le cou et la tête d'un dragon géant. La bête fantastique ouvrit largement ses mâchoires et poussa un rugissement assourdissant, dont les vibrations manquèrent de démonter la charpente du vaisseau.

 


"Ouroboros !" s'écria Maximien avec effroi,  "le Serpent Fuyard, le Serpent Tortueux, le Dragon qui habite la mer, il ne devait pas s'éveiller avant la Fin des Temps, qu'avez vous fait, Centurion ?"
D'un air hébété, Absolvus contemplait l'extraordinaire créature.
"En arrière toute !" ordonna Catholicus à son équipage.
Le navire était secoué dans tous les sens, on n'avait pu replier les ailes qui commençaient à se déchirer, les voiles partaient en lambeaux, quant au gouvernail et à la voile ventrale, ils furent arrachés en un rien de temps. Le Dame de Beaujeu n'était plus qu'une épave à la merci des éléments cosmiques.
"Je vais l'occuper pour vous laisser le temps de fuir, je le mettrai en colère, et quand il m'aura tué, il se calmera et retournera à son sommeil, l'univers sera sauf. " déclara Absolvus. Il monta sur la rambarde, s'apprêtant à sauter, quand un hénissement familier attira son attention ; c'était Mérandar qui accourait derrière lui.
"Non, mon ami, tu ne m'accompagneras pas dans cette dernière bataille. Je veux que tu sauves ta vie, pars avec les autres, c'est moi qui ai commis une faute en réveillant Ouroboros de son sommeil éternel, je dois maintenant la réparer seul."
Le cheval protesta en un furieux hénissement et attira son Centurion avec son aile.
"Bien," lui dit Absolvus, "puisque telle est ta volonté..."
Il sauta sur son dos et en dégainant son glaive, il s'écria :
"Hardi, vaillant camarade !"
Mérandar se cabra fièrement avant de s'élancer vers le monstrueux dragon. Avec un cri guerrier des plus menaçants, Absolvus fit tournoyer son glaive en traçant des cercles de feu dans l'air.
La bête tourna sa tête grosse comme une montagne et ouvrit largement ses mâchoires pour pousser un rugissement sauvage, le cavalier et sa monture furent ralentis par le souffle qu'il émit, mais ils continuèrent à avancer.
"À moi, Ouroboros, Serpent de Midgard, Léviathan de l'Abîme !" lui cria-t-il, "c'est moi qui t'ai tiré de ton sommeil, mais tu vas promptement te rendormir pour les mille ans à venir !"
Le dragon poussa un nouveau rugissement qui manqua de le désarçonner, mais il s'accrocha à l'encolure de Mérandar.
"Tiens bon, mon ami," lui dit il, "approche toi suffisamment pour que je puisse l'atteindre."
Le cheval ailé manœuvra habilement, il contourna la tête du dragon et s'approcha de sa nuque. Absolvus engagea une flèche dans son arc et la tira à la base du crâne ; à l'impact une explosion se produisit qui n'entama pas la cuirasse du monstre mais lui fit assez mal pour le mettre en colère.
Mérandar tourna autour de lui comme une mouche tandis qu'Absolvus lui tirait des flèches sur le dos et dans le flanc, à chaque fois, une explosion spectaculaire se produisait et semblait affecter légèrement la créature. Quand il n'eut plus de flèche, il jeta son arc et son carquois dans le vide et dit à l'oreille du cheval ailé :
"Approche toi encore un peu, s'il te plait."
L'animal obéit, alors Absolvus dégaina son glaive et lui cria :
"Sauve toi !"

 


Puis il se mit debout sur la selle et sauta sur le dragon. Le cheval ailé poussa un hennissement de protestation et plongea pour rejoindre son Centurion dans une mort glorieuse.
L'équipage manœuvra tant bien que mal avec les voiles et les ailes pour s'éloigner de ce pandaemonium. Seulement, la bataille propageait des vagues d'étoiles et des déplacements d'air dans lesquelles il était quasiment impossible de suivre une trajectoire stable, et surtout de rester à flots.
Si le bateau coulait, il s'enfoncerait dans les profondeurs de la Voie Lactée et les passagers périraient noyés dans cet océan d'étoiles. Ils parvinrent à s'éloigner du combat, mais une gigantesque vague se souleva à l'avant et retomba sur eux.

 

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